Revenu universel: utopie ou nécessité?

Des ordinateurs s’inspirant du cerveau humain ne sont plus des mythes; les universités de Heidelberg en Allemagne et de Manchester en Grande Bretagne y sont parvenues par deux voies différentes, innovant notamment sur les tâches d’apprentissage de ces machines grâce à une organisation proche des réseaux neuronaux (Usine Nouvelle N°3462 du 31 mars 2016 – Thierry Lucas). La prospectiviste Fabienne Goux-Baudiment – quant à elle – affirme dans le N° 1284 de la revue Entreprises & Carrières du 12 avril 2016 que:

Si l’on cumule robots physiques et intelligence artificielle, tous les emplois sont aujourd’hui, à un titre ou à un autre ou seront à brève échéance impactés par ce « second âge de la machine ».

La recherche constante de réduction des coûts dans une économie globalisée développera l’automatisation, ce  qui entrainera un chômage de masse au delà des métiers peu qualifiés. Aujourd’hui de plus en plus d’algorithmes permettent de guider les décisions dans un grand nombre de domaines, marketing, finance… Les robots assurant le service dans les fast food ou interagissant mieux que l’homme avec les enfants autistes, les drones assurant les livraisons ou les drones militaires à prise de décision embarquée ne sont plus tout à fait de la science fiction.

L’évolution de la recherche en intelligence artificielle est impressionnante par son foisonnement et sa vitesse. La question de sa place dans les activités humaines va se poser de façon croissante et nécessiter inévitablement de poser une réflexion d’ordre sociétal. A court terme une forme de gestion prévisionnelle des emplois et compétences pourrait se mettre en place pour opérer le plus grand nombre possible de reconversions; à long terme, la question de la dissociation du revenu et du travail devra se poser, et donc celle du revenu universel, que Fabienne Groux-Baudiment estime incontournable. Les Suisses seront consultés sur cette question le 5 Juin 2016, tandis que la ville d’Utrecht, l’Alaska, la Finlande ou encore la Namibie l’expérimentent déjà. Bien évidemment cette forme de revenu universel inconditionnel supposerait la mise à plat du système complexe d’aides en vigueur, ainsi qu’une réflexion sur ses modalités et son financement. Au delà de ces questions, c’est un débat philosophique et sociétal auquel les progrès techniques nous invitent. L’oisiveté serait mère de tous les vices; Camus pondère dans la Mort heureuse, en précisant

l’oisiveté n’est fatale qu’aux médiocres…

Permettre à chacun, dégagé de l’impérieuse nécessité de pourvoir à ses besoins élémentaires, de laisser s’épanouir ses talents: est-ce utopique ou une évolution inéluctable?

J’espère que vous avez pu laisser votre oisiveté s’exprimer pleinement en ce dimanche 1er mai!

Retrouvez ici les articles du blog – merci d’avance pour vos Correspondances!

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