Too big to fail?

Mis à mal par la faillite de Lehman Brothers, Enron, Dexia, GM…, ce principe économique, too big to fail, s’invite volontiers dans l’actualité économique, politique et financière.

Formellement, ce concept s’adresse aux institutions bancaires et financières, afin que des plans de sauvegarde les protègent de la banqueroute, eu égard aux risques qu’elles prennent par nature, et à l’ampleur des conséquences systémiques de leur éventuelle défaillance.

Il est l’objet de discussion vives entre les candidats démocrates à l’élection américaine; concernant Sanders:

His belief that large corporations in general and banks in particular are simply too powerful as a result of their size.

Avis que ne partage pas Hilary Clinton, ce qui accentue peut être les reproches de trop forte proximité avec les institutions financières qui lui sont faits.

Le projet de fusion de la bourse de Londres et de la bourse allemande est également l’objet d’une vive émotion partagée par Euronext et Bercy notamment. Le gouverneur de la banque de France, exprime sa sensibilité aux sujets de concurrence, et précise:

Nous regardons avec la plus grande attention ce qui se passe sur la compensation. Le rapprochement risque de créer un opérateur qui soit « too big to fail ».

Au delà du cadre précis des institutions financières et des logiques de renflouements, taille et force sont-elles toujours synonymes? Nous avons tous en tête de très belles et grandes entreprises qui ont presque disparu. Aujourd’hui Twitter est dit menacé par Snapchat, boncoin.fr par le site marchand d’Emmaüs, sans parler des effets de l’Uberisation sur tout un ensemble d’industries.

Atteindre la taille critique serait une croyance révolue? Jusqu’où faut-il pousser l’intégration? Etre en réseau, être agile, s’allier, ne permet-il pas d’avoir la même force sur un marché, avec une vulnérabilité moindre? Groupon en est un bon exemple, tout comme beaucoup d’acteurs de l’économie collaborative.

Hormis certaines entreprises prédatrices ayant besoin d’acquérir un savoir-faire manquant, comme c’est le cas de groupes chinois en ce moment dans le secteur de l’hôtellerie et du loisir, la fusion et l’acquisition  sont-elles encore des stratégies gagnantes, versus l’alliance, le partenariat? Certaines associations ou groupement d’entreprises ont pris d’autres directions depuis plusieurs décennies, partageant la gouvernance et les valeurs, dans une certaine mesure le capital et les ressources, et laissant chacune de leurs sociétés développer leur activité et leur marché. D’autres ouvrent leurs frontières jusqu’à ne plus se distinguer de leur écosystème.

Le métier de M&A n’est sans doute pas menacé, et sans doute réfléchit-il déjà à l’évolution de sa valeur ajoutée dans ce monde qui bouge. Les entreprises qui ont la chance de pouvoir se développer et conquérir ont aujourd’hui à mener une réflexion stratégique passionnante,  et les conseils d’administration seront davantage encore à leur côté pour les y aider.

Retrouvez ici les articles du blog – merci d’avance pour vos Correspondances!

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