Pourquoi certaines entreprises se privent-elles encore de l’apport d’un administrateur indépendant?

Par choix ou faute de s’être posé la question, bon nombre de Directions Générales de PME et d’ETI se privent de l’apport d’un administrateur indépendant.

Une image pas toujours flatteuse

Les différentes lois relatives à la gouvernance, en Europe comme aux Etats Unis, résultent le plus souvent des drames découlant des scandales financiers : Enron, Worlcom, Vivendi Universal… Chacun de ces impensables a contribué à durcir le pouvoir contrôlant de différentes instances, hors et dans l’entreprise. En particulier les Conseils d’Administration se sont vus dotés de prérogatives croissantes en matière d’audit et de compliance. Certains actionnaires se sont regroupés pour défendre leurs intérêts, l’état actionnaire n’étant pas le dernier à nager plein paradoxes ; les proxy advisors tentent d’intervenir de façon parfois préoccupante sur les votes en assemblées générales, loin de l’intérêt social de l’entreprise et de sa performance durable.

Ces approches de la gouvernance n’ont rien d’attractif pour une équipe de dirigeants qui consacre son énergie à développer ses marchés, l’emploi et la pérennité de l’entreprise, certes. Et pourtant!

Un ingrédient clé de la performance

Un administrateur indépendant peut aussi être regardé comme un professionnel bienveillant et exigeant, animé par l’envie d’accompagner une équipe dirigeante dans ses périodes de succès et de doutes.

Le Code Afep-Medef précise que « par administrateur indépendant, il faut entendre, non pas seulement administrateur non-exécutif c’est-à-dire n’exerçant pas de fonctions de direction de la société ou de son groupe, mais encore dépourvu de liens d’intérêt particulier (actionnaire significatif, salarié, autre) avec ceux-ci. »

Celui-ci apporte une extériorité, une altérité qui révèle les angles morts dont est inévitablement doté tout dirigeant plongé au coeur de l’action. Outre sa posture de candide éclairé, il complète les compétences de l’équipe dirigeante, et accélère sa performance. Il ose challenger, creuser, exprimer son incompréhension, car il n’a rien à perdre. Si en plus il a professionnalisé sa pratique d’administrateur de sociétés, il sécurise la gouvernance de l’entreprise en l’aidant à adresser l’entièreté des sujets contribuant à sa compétitivité.

Pourquoi s’en priver?

De la part du dirigeant, accepter d’être challengé de la sorte suppose à la fois une forte confiance en soi, et une forme d’humilité. N’est-ce pas la définition d’un leader? Les PME et ETI pourraient expérimenter cet apport de façon informelle, dans un premier temps, pour valider sa pertinence et entériner un changement de gouvernance une fois convaincues ? Fondamentalement qu’y a-t-il à perdre ?

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