Les outils des coachs et des conseils

« Nous nous aimons bien (au choix) la Process Communication, l’énéagramme, le 360°, le MBTI, success insight,…. Vous y êtes formé(e)? » Il arrive qu’une conversation avec un futur client démarre ainsi. Quels rôles jouent les boîtes à outils des coachs conseils et consultants ?

Habitudes et culture

Un outil est un prisme, une lentille, qui permet d’observer de façon méthodique un comportement, un système, une compétence, une aptitude (ou leur absence). Son systématisme permet d’aborder les collectifs de travail, que sa construction le prévoit ou non.

Les outils sont limitants par essence, les complexités humaines ne pouvant être réduites à quelques graphiques ou mots, quelle que soit leur qualité. C’est précisément cette simplification – si elle est juste – qui permet d’accélérer et d’intensifier le dialogue entre une personne et le conseil qu’elle s’est choisi.

Le risque est, notamment, d’opter pour des catégorisations abusives : tous les rouges sont… avec les F ce n’est jamais simple… Comme en médecine les toujours et les jamais sont proscrits. Or c’est justement cet aspect qui explique le succès de ces outils dans les entreprises.

L’usage régulier d’un même outil (ou d’un même coach/consultant) finit par créer une sous-culture managériale dommageable, surtout en période de turbulences. De la même manière, j’observe parfois que des managers bénéficiant d’un second coaching dans leur parcours professionnel choisissent le coach qui les avait accompagnés lors de la première tranche. Quel dommage ! Se priver délibéremment de l’apport d’autres points de vue, d’autres logiques et cultures !

L’habitude tue l’imagination, il n’y a que les objets nouveaux qui la réveillent.
Citation de Jean-Jacques Rousseau ; Émile, ou De l’éducation (1762)

Ceci n’est pas une pipe

Le résultat d’un test (d’un outil…) n’est pas la personne. Il en est un reflet plus ou moins juste et toujours insuffisant. L’efficacité d’un outil dépend de nombreux paramètres, propres au bénéficiaire, au coach (conseil…) et au contexte. Même les outils les plus rationnels (matrices BCG, Canvas business models…) ne sont que des marionnettes entre les mains du consultant. A-t-il utilisé le bon outil au bon moment ? Parmi l’ensemble des données, lesquelles sélectionne-t-il comme pertinentes, avec quelle éthique ? Qu’est ce que son client est prêt à entendre, a besoin de voir ? Quels biais entachent les conclusions ? Les questions et les limites sont très nombreuses.

Faut-il donc se priver d’outils ?

Faut-il, comme le recommande Paul Devaux, « coacher à mains nues » ?

Mal utilisés les outils peuvent être toxiques car ils confèrent une caution pseudo cartésienne aux recommandations émises. Ils sont opérateur-dépendants, et ne doivent être considérés que pour ce qu’ils sont : des ingrédients d’une conversation. Utiliser des outils suppose de se perfectionner régulièrement à leur usage. Certes, le test & learn est d’actualité, mais insuffisant. Utiliser des outils exige de la rigueur, de l’éthique, et de fuir le confort des automatismes.

Dans le domaine des outils de développement personnel, Dynastrat (développé par Stratelio) est un modèle du genre : un comité scientifique international, un outil qui évolue au fur et à mesure des remontées des certifiés, qui se réunissent tous les ans en séminaire pour partager et faire évoluer leurs pratiques : une communauté apprenante et exigeante.

Précautions et questionnement prévalent à l’utilisation des outils, qui constituent, il est vrai, des accélérateurs puissants.

Le coach augmenté

Généralement, les écoles de coaching prônent le principe suivant : vous êtes votre propre outil. Comme tout outil, il s’agit de veiller à son bon entretien pour qu’il soit au summum de ses capacités. Etre connecté à ce que l’on ressent, à ce que le corps dit, et en faire quelque chose d’utile pour le coaché. La supervision complète cette « hygiène du coach ».

La connaissance d’un panel d’outils complémentaires, simples et robustes est un atout supplémentaire, qui enrichit la palette d’actions au service de ce dont a besoin le client. La conscience et le discernement, versus la routine, sont indispensables pour que le coach augmenté aide son client à atteindre les objectifs qu’il s’est fixés.

Tout comme le coach, le conseil et le consultant créent de la valeur par leur étoffe, leur regard, leur intuition, étayés par quelques outils.

 

Retrouvez ici les articles du blog – merci d’avance pour vos Correspondances!

 

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