Ce qui ne mue pas rend plus faible

Faire sa mue, changer de peau et avoir en permanence un costume à sa juste taille : c’est le destin des serpents. Qu’en est-il de celui des humains ? Ce titre est bien sûr d’un clin d’œil à la célèbre formule de  Friedrich Nietzsche :

Ce qui ne me tue pas me rend plus fort.

La vie est-elle un combat ?

Nous avons déjà évoqué la résilience, fille inconstante des épreuves de la vie. Certains ont révélé leur héroïsme au cours de circonstances dramatiques sans lesquelles ils ignoreraient encore leur puissance. Reconnaissons cependant que la malveillance, la maladie ou le manque de moyens sont le plus souvent pourvoyeurs durables de souffrance et de détresse.

Cette idée d’aguerrir, d’endurcir a fait florès. Elle a forgé les principes éducatifs d’avant Françoise Dolto. Ces verbes ne riment pas avec souplesse, grâce, finesse. Ils évoquent un monde hostile, dont il faut apprendre à se protéger pour survivre. Nous vivons sans guerre sur notre territoire depuis plus de 7 décennies, mais des menaces d’une nature nouvelle nous inquiètent ; elles peuvent être environnementales, terroristes, prendre leur source dans l’IA ou encore la recherche biomédicale…

Ces menaces sont complexes, appréhendées et mal appréhendées. La consommation croissante d’anxiolytiques mesure leur nuisance, ou plus exactement notre sensibilité à leur égard. Certains de nos comportements se modifient, de façon vertueuse quand il s’agit d’adopter de nouveaux gestes qui contribuent à sauver la planète. D’autres d’une façon préoccupante quand il s’agit de repli et de renoncements. Benjamin Franklin a eu cette phrase célèbre :

«  Ceux qui abandonnent une liberté essentielle pour acheter un peu de sécurité temporaire ne méritent ni liberté, ni sécurité. »

Les murmures de la mue

Certain(e)s se retournent sur le chemin parcouru et constatent à quel point ils ont/sont changés. C’est l’entourage parfois qui en témoigne, avec des remarques plus ou moins ambigües : « tu as beaucoup changé… ». Mais encore ?

Muer c’est renoncer. Abandonner, faire le deuil d’une partie de soi. Mourir un peu à soi pour se réinventer. J’entends souvent cette expression : » je souhaite grandir ». A quoi êtes-vous prêt(e) à renoncer, quelle fragilité êtes-vous prêt à accepter pour faire ce chemin ? Il faut du courage pour abandonner sa vieille peau, ses repères, et affronter cette phase de vulnérabilité extrême durant laquelle la nouvelle barrière protectrice n’est pas encore totalement efficace. C’est un risque à prendre, en même temps qu’une nécessité vitale. Cette nécessité est une évidence tangible pour le Serpent, une évidence sensible pour l’Homme.

La mue signe un passage plus ou moins harmonieux entre le passé et le futur. Décider de muer, c’est poser un regard réflexif sur sa vie, ses émotions, ses besoins. C’est s’offrir un/des temps pour revisiter ses croyances, les faire évoluer, en abandonner et en adopter d’autres. Une mue  peut être radicale et conduire à changer de style de vie, de  vie…

Etre bien dans sa peau

Il est parfois nécessaire de créer les conditions propices à cette rencontre avec soi. Le coaching peut servir de catalyseur, une retraite, un anniversaire marquant, un décès… Etre conscient de soi, être et vivre en harmonie, veiller à le demeurer est un droit et un devoir de femmes et d’hommes libres. Les conformismes sociaux et culturels ne devraient jamais empêcher de muer autant que de besoin.

Parfois ces révolutions intérieures s’extériorisent. Des changements de style vestimentaire, des nouvelles coupes/couleurs de cheveux, des déménagements comme autant de témoins de ruptures sentimentales, professionnelles ou existentielles. Ces alignements de l’image avec l’état intérieur deviennent visibles. Quel regard et quelle parole porter sur ces mues non mutiques ? De quelle audace doit-on faire preuve dans ce moment sublime où l’intime s’expose, alors que les doutes sont encore à fleur de peau, et que l’habit sent encore le neuf ? Oser parler, oser dire « j’ai vu »? C’est aussi dire « je te vois », un cadeau de plus en plus rare.

Prenez-soin de vous, soyez bien-veillants avec vous, entre vous, ne vous étriquez pas, ne vous rapetissez pas, osez muer, osez changer!

 

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Quel temps est-il ?

Paradoxe de rentrée ? Il faut accélérer mais … slow. Les injonctions sont contradictoires, voire irréconciliables. Dans le bruit de fond ambiant, les réflexions sur le rapport au temps enflent, signe sans doute d’une prise de conscience de son importance.

Alors, quel camp choisir : speed ou slow ?

« Qu’est-ce donc le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne sais plus. » Saint Augustin, Confessions (vers 400), trad. E Khodoss, livre XI, § XIV, XVIII et XX.

Qu’est-ce-que le temps ? Aller vite ou prendre le temps ? Slow business ou fast fashion ? Devenir une entreprise à mission et s’inscrire dans le long terme, et/ou accélérer (les levées de fond, le déploiement international…) ? La conjugaison des temps n’est pas simple, et le Besherelle du business n’a pas encore été inventé. Notons que la proportion d’entreprises respectueuses de l’environnement et des conditions de travail de leur filière croît, tout comme la part de celles qui valorisent le local et les savoir-faire artisanaux.

L’un de mes clients travaille dans le domaine de l’environnement. De par les technologies employées, de par l’ampleur des chantiers, la durée des projets se compte en mois et en années. Pour autant il faut atteindre rapidement une taille critique en conquérant de nouvelles parts de marché ; cash is king ne dit-on pas ? Et donc le sujet de la scalabilité s’impose : une croissance d’activité proportionnellement accompagnée d’une croissance du poids des charges n’a pas de sens : la refonte des process et même plus radicalement le changement de paradigme s’imposent. Et in fine le rapport au temps, qui est à la fois la clé d’entrée et la résultante.

Festina lente, Hâte toi lentement

Oxymore que l’on date de l’Empereur Auguste et devise de nombreux personnages célèbres, ce conseil précieux est-il la clé de notre énigme ? Au-delà de vitesses opposées, c’est de maîtrise qu’il nous parle. La maîtrise des temps afin de réussir. Etre maître des horloges est effectivement un signe de pouvoir, et souvent un enjeu majeur lors des négociations à quelque niveau qu’elles se passent.

Regardons la vie comme si elle était un CDI, DI comme Durée Indeterminée, et non à durée infinie comme le pensent parfois certains salariés à propos de leur contrat de travail ; pour le C, je laisse libre cours à votre imagination ! La plupart des entreprises a vocation à survivre à leur créateur et à leur dirigeant. Les temps sont longs et le sien est hors contrôle. La maîtrise du temps est donc un cadre posé qui facilite l’ordonnancement de la vie.

Plusieurs regards intimes s’opposent face à l’inconnue qu’est notre date limite d’utilisation optimale. Y a-t-il un lien de cause à effet entre le regard sur cette inconnue existentielle et la manière dont on conduit le char de sa vie ? Homme ou femme pressé(e), tendance activiste, ou à l’inverse, indifférent(e) aux échéances et gourmand(e) de l’instant présent ? Autre approche encore : nous sommes de passage sur terre, et comme le dit Antoine de Saint Exupéry :

Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants.

Et donc travaillons pour les générations futures, bâtissons des cathédrales de vie, de nature, de bien vivre ensemble, et mettons toute notre énergie sans tarder à ce grand oeuvre.

Le temps c’est de l’intime

Bien évidemment tout notre environnement digital rétrécit en continu l’espace-temps d’une façon extraordinaire. Chacun connait l’importance du Time to Market. Même le luxe s’y adonne, avec, par exemple, la stratégie See now buy now de Burberry pour la Fashion Week de Londres. Réduire les temps non créateurs de valeur pour augmenter les marges et perdurer anime de nombreuses écritures de PMT. Tout ceci est du mental, de la connaissance, accessible à tous et pourtant non observé partout. Pourquoi ?

La résonance du temps est intime ; Chronos, dieu primordial de la mythologie grecque, est le dieu du temps et de la destinée. Etre dirigeant engage à mener un travail de réflexion (coaching par exemple) sur son rapport intime au temps, à la lignée dont on est issu, à son projet de vie. La conscience de son rapport intime au temps est indispensable au pilotage des temps professionnels qui mobilise le temps des autres.

La conscience de son rapport intime au temps rend libre le pilotage des temps professionnels, et ces degrés de liberté profitent au tempo giusto. Le sujet n’étant pas d’aller vite ou lentement mais d’être au juste moment, au juste rythme, dans la juste intensité.

Le temps biologique

Temps de la vie, temps des saisons, des tomates en été et des oranges l’hiver ; ce rapport au temps invite au respect de soi rendu possible par la conscience de soi ; ça chacun peut l’ajouter à sa to do list de rentrée!

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Devoirs de vacances et devoir de vacance

Je vous souhaite des vacances incroyables, d’authentiques vacuités, je vous souhaite de vaquer à vous !

Amazing holidays

Pendant quelques semaines/jours, imaginez que vous vous reconnectez avec l’enfant qui sommeille en vous, et à vos rêves… Votre enfant est-il fier de vous, est-il heureux de l’adulte que vous êtes devenu ? Quels renoncements l’attristent, l’irritent ? Quelles belles surprises lui avez-vous offertes ? En vidant votre to do list, vous vous donnez l’opportunité d’un précieux rendez-vous avec vous-même et avec les autres.

Avez-vous connu les « devoirs de vacances » ? Peut-être même y en a-t-il dans les valises pour vos propres enfants ? Ce serait dommage qu’ils oublient tout en quelques semaines, l’oisiveté étant la mère de tous les vices, de surcroît ! Pris au sens littéral, Le Devoir de vacances peut s’entendre au sens du Devoir de réserve, comme une obligation à être vacant, une obligation de faire rien…  Dans sa Lettre à Minicius Fundanus (IIème siècle), Pline le Jeune écrit :

Mieux vaut infiniment ne rien faire que de faire des riens.

Pas simple, tout cela ; c’est pourquoi je vous propose des devoirs de vacances qui aident à ne rien faire, ou mieux encore, à faire rien !

Devoir de rédaction : Bien réussir ses vacances, c’est quoi pour vous ?

Imaginez des vacances idéales pour vous ; quels en seraient les effets à la rentrée ? Quelles sont les conditions nécessaires à ce succès, quels en seraient les obstacles ?

Vous visualisez cette rêverie et la racontez par écrit en 130 mots (environ !)

Devoir de mathématiques : Mesure du temps de déconnexion.

Il s’agit, bien sûr, de la déconnexion professionnelle, de l’organisation de l’absence, de la confiance dans le dispositif mis en place, mais pas que. Faire du sport pour le plaisir, sans enjeu de performance, sans objet connecté, attentif à ses seules sensations. Etre ici et maintenant, avec les vôtres et ceux dont vous ferez connaissance.

Réalisez une courbe suivant votre progression.

Devoir de sciences naturelles : Redécouvrez votre corps, son anatomie, son rythme, ses besoins.

Votre corps vous envoie des signaux de tous ordres, pour préserver ou restaurer son homéostasie (satiété, fatigue…). Or, les rythmes contraints des vies trépidantes nous éloignent de ces perceptions, amenant le corps à s’exprimer plus fortement, plus douloureusement parfois, pour être entendu.  C’est par notre corps que nous existons au monde (en tout cas pour le moment !)

Notez dans un carnet ce que vous (re)découvrez du fonctionnement extraordinaire de votre corps.

Devoir de rien et de tout :

Contemplez, regardez les étoiles, écoutez le vent, et sentez votre présence dans cet univers immense. Prenez conscience (de vos sensations, de ce qui vous entoure) Quel sens a votre vie, quel sens ont vos actions ? Qui êtes-vous ? Je vous laisse à votre méditation…

Et surtout je vous souhaite de belles et pleines vacances. Je serais ravie que vous répondiez à ce billet par quelques partages. Je vais m’appliquer ces devoirs de vacances d’ailleurs!

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La raison d’être de la Loi PACTE

En réponse au constat de la financiarisation de l’économie et au court-termisme de certains investisseurs, Nicole Notat et Jean Dominique Sénard ont remis au gouvernement un rapport le 9 mars dernier comprenant 14 préconisations. Parmi ces préconisations, certaines ont fait débat, notamment l’évolution de la définition des entreprises et de leur raison d’être dans le code civil et dans le code du commerce . A ces préconisations s’oppose la crainte d’un risque, défini comme « culturel ».

Risque culturel, de quoi s’agit-il ?

Autant la notion de risque interculturel est connue, autant celle de risque culturel peut laisser perplexe. Ce risque est invoqué par le président du Medef Auvergne Rhônes Alpes à l’encontre de l’évolution du code civil (article 1833) dans une interview parue dans les Echos le 11 avril 2018. L’analogie avec le principe de précaution éclaire  faiblement le sujet. L’introduction du principe de précaution dans la constitution aurait changé durablement le sens de l’initiative et le management du risque.

Le risque culturel le plus grand ne serait-il pas de ne rien faire ? Peut-on nier que l’environnement des entreprises a changé, que les citoyens, collaborateurs, partenaires et clients attendent autre chose des entreprises ? De nombreuses expériences de B Corp ou d’entreprises vertueuses by design ont prouvé qu’opposer responsabilité sociétale et rentabilité n’a pas de sens. Des études prouvent même la relation linéaire entre performance non financière et performance économique.

Certaines voix s’élèvent pour signaler que les dirigeants envisagent déjà la création de valeur sous un angle plus large que la seule maximisation du profit. Dans ce cas, mettre en conformité les textes avec les pratiques serait vertueux et même anodin. De plus, cela aiderait le management à faire face à des fonds activistes un peu trop offensifs. Les partisans de la soft law redoutent que cette inscription dans la loi entraîne une instabilité juridique. Le combat hard law versus soft law trouve à nouveau ici un beau terrain d’expression !

Dans l’hypothèse où certains dirigeants n’auraient pas encore mené de réflexion sur la raison d’être de leur(s) entreprise(s), la loi viendrait les y amener. Ce management par la contrainte a déjà fait ses preuves avec la loi Copé Zimmerman, qui a fait passer d’impensable à impossible l’introduction de femmes au cœur des Conseils d’Administration, puis finalement d’envisageable à souhaitable (enfin, pas partout…).

Serait-ce un sujet de prérogatives ?

En lisant les propositions d’une part et leurs objections d’autre part, la question des prérogatives semble centrale. Nicole Notat et Dominique Sénard proposent d’augmenter la représentation salariée au sein des Conseils d’Administration et de Surveillance.

Ils suggèrent de confier à ces conseils

« la formulation d’une raison d’être visant à guider la stratégie de l’entreprise en considération de ses enjeux sociaux et environnementaux ».

Une nouvelle instance, le comité des parties prenantes, est recommandée pour les grandes entreprises, distincte du Conseil d’Administration (ou de Surveillance). Les territoires et lignes bougent, sans parler de la reconnaissance des entreprises à mission qui se voient offrir un cadre spécifique.

Confier à un CA la responsabilité de formuler la raison d’être est cohérent avec sa responsabilité en matière de stratégie.

La rupture vient davantage des propositions quant à sa composition : la présence accrue des salariés. Il n’est pas rare que cette idée soit perçue comme profondément repoussoir par les DG et les DRH. Elle est à inscrire dans un débat plus global et français sur la représentation des salariés et la représentativité de leurs élus et syndicats. Les conditions de la co-gestion à l’allemande ne sont pas (encore ?) réunies en France. Pour autant, certaines entreprises sont parvenues à nouer un dialogue apaisé et constructif au sein de l’ensemble de leur corps social, par pragmatisme autant que par conviction. Il n’y a pas de fatalité, mais un changement profond et volontariste de la culture managériale, préalable à d’éventuels nouveaux équilibres.

La préconisation de créer une instance supplémentaire, le comité des parties prenantes,  laisse perplexe. Ni gouvernance ni tout à fait dirigeance, ce nouveau comité augure essentiellement plus de complications dans un monde plus complexe. Le jeu entre les instances actuelles, s’il est bien dirigé, permet d’aborder tous les sujets. Une approche Stakeholders découle naturellement de la définition de la raison d’être de l’entreprise par le CA/CDS. Il n’est donc pas besoin d’organes supplémentaires, mais d’un Conseil qui joue pleinement son rôle, qui s’évalue et se challenge périodiquement via des dispositifs reconnus, tels que le Boardstrat®

Une chance pour toutes les entreprises quelle que soit leur taille

Mettre l’accent sur la raison d’être d’une entreprise, c’est forcer l’explicitation sur ce qui fait la richesse et l’aspérité d’une entreprise. Mettre en avant ses atouts financiers mais pas que, raconter une histoire,  partager sur ce qui unit et ce qui attire, ce qui fait que le travail de chacun a du sens. Il s’agit aussi de contenu de marque et de marque employeur. Cette étoffe est un supplément d’âme qui permet aux entreprises – même les plus petites – d’attirer les talents. Les jeunes diplômés boudent les grands groupes qui faisaient la fierté de leurs aînés.

La future loi PACTE (pour Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises)

Présenté mi-juin en Conseil des Ministres, le projet de loi comprend un volet visant à doper la performance des TPE et PME tricolores et un volet social, concernant notamment l’Epargne Salariale. Un projet de loi plus large que l’axe RSE, qui heurte certaines sensibilités, et dont les médias se font l’écho. Ce renforcement de la Responsabilité Sociale et Sociétale des Entreprises peut être regardé comme un risque, mais il s’agit surtout d’une opportunité. D’ailleurs l’APIA, Association des Administrateurs Professionnels indépendants s’adressant essentiellement aux PME et aux ETI, milite en faveur d’une notion élargie de la RSE,

« au delà de la défense légitime des droits des actionnaires ».

Au delà ne signifie pas à la place de , mais bien en plus de.

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France Apprenante, contre votre obsolescence programmée

Je suis fière de faire partie des 100 premiers signataires du manifeste de la France Apprenante !

France Apprenante, de quoi s’agit-il ?

Ce mouvement fédère des initiatives diverses qui ont en commun de penser que le changement de paradigme est indispensable pour nos sociétés actuelles. Il ne s’agit pas de repenser le fonctionnement des organismes collecteurs ou de la répartition du trésor de guerre de la formation professionnelle. Il s’agit bien plus profondément de passer à une société apprenante intrinsèquement, prête à cohabiter avec les Intelligences artificielles et les robots, et consciente que les soft skills sont des trésors.

Le développement de chacun est un besoin fondamental dans ce monde que nous contribuons à créer, tout autant que la santé, la liberté de circuler et de penser. Il n’est pas imaginable que des populations de plus en plus nombreuses soient laissées de côté parce que leurs compétences ne répondent plus à aucun besoin.

Des makers

Le Lab RH, CollectivZ, Simplon, Numa, Slash, CRI, Schoolab, constituent – entre autres – la communauté des makers de France Apprenante, et contribuent à Apprendre à apprendre :

Mercredi 16 mai 2018 a lieu la conférence de presse et lancement de France Apprenante en présence d’Estelle Sauvat (Haut commissaire à la transformation des compétences) et de François Taddeï (Directeur du Centre de Recherches Interdisciplinaires). A cette occasion, une Keynote et un débat sur : « Se préparer aux mutations de l’activité en retrouvant le plaisir d’apprendre ». En particulier seront abordés les thèmes suivants :

  • Quel impact, les mutations en cours du monde du travail liées à la transformation digitale et à l’arrivée de l’Intelligence artificielle ont-elle sur l’activité, l’accompagnement et la formation des individus ?
  • Les nouveaux parcours de formations : exemples en France et à l’étranger
  • La digitalisation et l’impact de l’intelligence artificielle sur le monde du travail
  • La place grandissante des soft skills et leur évaluation
  • La place grandissante des communauté

Responsabilité sociétale

Expérientielle, collective et connectée, la formation doit se réinventer dans l’intérêt des entreprises, des territoires et de chacun. Nous aurons plus d’une vie dans une vie, et nous aurons besoin de plusieurs inspirations pour lutter contre notre obsolescence programmée. C’est une chance que de pouvoir se réinventer, de s’essayer dans des rôles successifs en sachant qu’ils sont temporaires par nature. Le risque est accessible, devient une opportunité, à condition que l’environnement permette d’abaisse les barrières. Pour que toutes ces mues soient harmonieuses et respectueuses de soi, il faut commencer par s’explorer. Ce Soi, pivot de toutes les transformations, doit être connu et reconnu, parce qu’il est le socle de toutes les énergies. Le travail sur soi et l’alignement font aussi partie des piliers de France Apprenante, et à cet égard rencontrent évidemment aussi mon enthousiasme.

Personne isolément ne peut répondre à ces mutations ; en revanche ensemble nous pouvons contribuer à développer cette société apprenante. Makers, allez visiter le site, et inscrivez vous dans le mouvement!

 

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Ouverture d’un bureau régional APIA Hauts de France

Je suis fière et heureuse de faire partie d’équipe pionnière d’APIA Hauts de France, bien décidée à promouvoir la gouvernance, ses bonnes pratiques et bénéfices auprès du tissu exceptionnel des entreprises de notre région ; pour ce faire, une bonne dose d’énergie et de savoir-faire seront consacrés au développement continu des compétences des administrateurs indépendants.

L’APIA (Association Administrateurs Indépendants et Professionnels), est une association qui regroupe des dirigeants et entrepreneurs exerçant des mandats d’administrateurs, cooptés par leurs pairs et engagés par une charte rigoureuse qui lui confère toute sa spécificité.

Philippe Thomas, PDG de la Compagnie des Vétérinaires et président du bureau Hauts de France, a mis en avant ce 12 Février la force de l’équipe au service de nos ambitions. Ce bureau compte sept membres, et mes six coéquipiers sont Philippe Thomas, Françoise Michel, Bruno Tesson, Augustin Becquey, Xavier Vankeerberghen et Jean Luc Tramoy. Cette constitution intervient quelques jours après l’élection du nouveau président de l’APIA, Ghislain du Jeu.

L’expansion de l’APIA Hauts de France se dessinera dans trois dimensions : bien sûr de nouveaux adhérents, évidemment des entreprises souhaitant muscler leur gouvernance via des administrateurs indépendants professionnels, challengeants et bienveillants, et également des partenaires, engagés et animés par les mêmes convictions.

Nous serions heureux d’échanger avec vous sur ce thème de la gouvernance ; n’hésitez pas à nous contacter, parce que Gouvernance rime avec Performance !

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Les outils des coachs et des conseils

« Nous nous aimons bien (au choix) la Process Communication, l’énéagramme, le 360°, le MBTI, success insight,…. Vous y êtes formé(e)? » Il arrive qu’une conversation avec un futur client démarre ainsi. Quels rôles jouent les boîtes à outils des coachs conseils et consultants ?

Habitudes et culture

Un outil est un prisme, une lentille, qui permet d’observer de façon méthodique un comportement, un système, une compétence, une aptitude (ou leur absence). Son systématisme permet d’aborder les collectifs de travail, que sa construction le prévoit ou non.

Les outils sont limitants par essence, les complexités humaines ne pouvant être réduites à quelques graphiques ou mots, quelle que soit leur qualité. C’est précisément cette simplification – si elle est juste – qui permet d’accélérer et d’intensifier le dialogue entre une personne et le conseil qu’elle s’est choisi.

Le risque est, notamment, d’opter pour des catégorisations abusives : tous les rouges sont… avec les F ce n’est jamais simple… Comme en médecine les toujours et les jamais sont proscrits. Or c’est justement cet aspect qui explique le succès de ces outils dans les entreprises.

L’usage régulier d’un même outil (ou d’un même coach/consultant) finit par créer une sous-culture managériale dommageable, surtout en période de turbulences. De la même manière, j’observe parfois que des managers bénéficiant d’un second coaching dans leur parcours professionnel choisissent le coach qui les avait accompagnés lors de la première tranche. Quel dommage ! Se priver délibéremment de l’apport d’autres points de vue, d’autres logiques et cultures !

L’habitude tue l’imagination, il n’y a que les objets nouveaux qui la réveillent.
Citation de Jean-Jacques Rousseau ; Émile, ou De l’éducation (1762)

Ceci n’est pas une pipe

Le résultat d’un test (d’un outil…) n’est pas la personne. Il en est un reflet plus ou moins juste et toujours insuffisant. L’efficacité d’un outil dépend de nombreux paramètres, propres au bénéficiaire, au coach (conseil…) et au contexte. Même les outils les plus rationnels (matrices BCG, Canvas business models…) ne sont que des marionnettes entre les mains du consultant. A-t-il utilisé le bon outil au bon moment ? Parmi l’ensemble des données, lesquelles sélectionne-t-il comme pertinentes, avec quelle éthique ? Qu’est ce que son client est prêt à entendre, a besoin de voir ? Quels biais entachent les conclusions ? Les questions et les limites sont très nombreuses.

Faut-il donc se priver d’outils ?

Faut-il, comme le recommande Paul Devaux, « coacher à mains nues » ?

Mal utilisés les outils peuvent être toxiques car ils confèrent une caution pseudo cartésienne aux recommandations émises. Ils sont opérateur-dépendants, et ne doivent être considérés que pour ce qu’ils sont : des ingrédients d’une conversation. Utiliser des outils suppose de se perfectionner régulièrement à leur usage. Certes, le test & learn est d’actualité, mais insuffisant. Utiliser des outils exige de la rigueur, de l’éthique, et de fuir le confort des automatismes.

Dans le domaine des outils de développement personnel, Dynastrat (développé par Stratelio) est un modèle du genre : un comité scientifique international, un outil qui évolue au fur et à mesure des remontées des certifiés, qui se réunissent tous les ans en séminaire pour partager et faire évoluer leurs pratiques : une communauté apprenante et exigeante.

Précautions et questionnement prévalent à l’utilisation des outils, qui constituent, il est vrai, des accélérateurs puissants.

Le coach augmenté

Généralement, les écoles de coaching prônent le principe suivant : vous êtes votre propre outil. Comme tout outil, il s’agit de veiller à son bon entretien pour qu’il soit au summum de ses capacités. Etre connecté à ce que l’on ressent, à ce que le corps dit, et en faire quelque chose d’utile pour le coaché. La supervision complète cette « hygiène du coach ».

La connaissance d’un panel d’outils complémentaires, simples et robustes est un atout supplémentaire, qui enrichit la palette d’actions au service de ce dont a besoin le client. La conscience et le discernement, versus la routine, sont indispensables pour que le coach augmenté aide son client à atteindre les objectifs qu’il s’est fixés.

Tout comme le coach, le conseil et le consultant créent de la valeur par leur étoffe, leur regard, leur intuition, étayés par quelques outils.

 

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Demain est un autre jour

Cet article est écrit le 16 janvier 2018, lendemain du jour dit le plus déprimant de l’année : le fameux Blue Monday, de plus sinistre réputation que le Black Friday… L’un et l’autre seraient d’ailleurs des inventions marketing, le premier, créé en 2005 par Cliff Arnal, psychologue irlandais sponsorisé par une agence de voyages. Méfions nous des jours Pantone !

Demain est un autre jour !

Victor Fleming serait l’auteur de cette phrase prononcée par Scarlett O’Hara, dans Autant en emporte le vent. Demain est un autre jour est aussi le titre que Lori Nelson Spielman a choisi pour son premier roman, qui évoque l’évanescence des rêves d’adolescence.

Demain est le futur proche, un passé en puissance, et en même temps un temps qui n’a encore jamais existé, un inconnu peut-être bientôt illustre. Ce champ des possibles est à labourer, ou à semer, ou à laisser en jachère; c’est l’avenir qui nous le dira !

Le mot demain viendrait du latin matin, ce qui nous conforte dans ce principe d’une mise à zéro des compteurs. Demain est l’aube d’une autre histoire, une chance, une renaissance.

Demain quand?

Avez-vous entendu ou dit « demain j’arrête de fumer, je commence un régime, je me mets au sport… » ? Demain ne signifie pas le 17 janvier, tout doux! Cela signifie juste que le principe est acté, et que lorsque les circonstances seront réunies, le mode action sera engagé, peut-être. La procrastination est la grande amie des résolutions de début d’année. Avec 364 demains dans une année, voire 365 en année bissextile, il n’y a pas d’urgence à engager les décisions énergivores, a fortiori s’il n’y a pas d’échéance particulière. La fameuse conférence TEDx de Tim Urban, expert en procrastination, est à la fois drôle et juste.

Si je n’ai pas le temps de le faire aujourd’hui, je le ferai demain. Si je n’ai pas le temps de le faire demain, mon fils le fera pour moi, Proverbe chinois

Le temps est-il linéaire ou circulaire ? Est-ce juste de dire que le temps perdu ne se rattrape plus ? Miser sur sa bonne étoile ou prendre les sujets à bras le corps ? Le temps est aux confins de l’intime, du culturel et du générationnel. Le rapport au temps est singulier, et dialogue plus ou moins harmonieusement avec les temps sociaux. Se questionner sur son rapport personnel au temps est toujours utile. De quoi ai-je besoin pour être bien ? De quelle latitude je dispose pour préserver mes conditions de confort, et donc ma performance durable ?

364 demains heureux!

Je vous souhaite de belles perspectives et de regarder le futur avec joie ! Que vos journées se terminent par un regard bienveillant sur votre demain. Je vous invite à laisser au passé ce qui lui appartient, et à vous réinventer chaque matin. Prenez le temps d’en parler avec vos enfants, vos collègues, pour qu’un lien confiant les lient à leur(s) futur(s).

Enfin je vous souhaite de goûter vos kifs, vos joies et petits bonheurs, d’en faire votre miel en conscience ! Heureux 2018 à tous !

 

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Le petit colibri dit « je sais, mais je fais ma part »

Les associations du monde de la solidarité craignent que les 43 000 contribuables qui recourraient au Don ISF ne modifient leur optimisation philanthropique avec la réforme de l’Impôt sur la Fortune. Dans le même temps, le social business se développe et les jeunes diplômés des Ecoles de commerce et d’ingénieurs aspirent à tout autre chose qu’une carrière dans une worldwide company.

Des risques encourus par les associations et les fondations

À la Fondation des Petits Frères des Pauvres, les dons représentaient en 2016 près de la moitié des ressources. La très grande majorité provenait des dons ISF. En effet, sa collecte a très fortement augmenté avec la loi TEPA, passant de 200 000 euros en 2007 à près de 6 millions euros en 2016. Il est probable que la réduction de l’assiette de l’ISF entraîne, pour cette structure comme pour d’autres, une chute des rentrées financières. Le baromètre Dons ISF – Apprentis d’Auteuil annonçait en Février 2017 un retard important dans la collecte des dons, sans doute lié à l’incertitude fiscale, incertitude levée depuis.

La loi de finance (PLF) et le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2018 prévoient un accroissement des budgets et fonds dédiés au développement de la vie associative. Il n’est pas interdit de regarder ce système de mesures budgétaires comme des mécanismes de compensation ; d’un point de vue arithmétique pourquoi pas, mais dans les faits, ces changements mettent à mal la fidélisation des donateurs en rompant la routine. La philanthropie sans carotte fiscale va-t-elle subsister ?

Eveil de conscience sociétale

En même temps les citoyens sont de plus en plus conscients de leur impact sur la qualité de leur environnement et sur ce qu’ils légueront aux générations futures. Le climat, la biodiversité, mais aussi une autre manière de vivre ensemble sont des sujets dont se sont emparés les gens en dehors de tout cadre politique. L’économie du partage, l’usage plus que la propriété, la désintermédiation, l’open source, impulsent petit à petit des évolutions législatives. Les millenials semblent les plus sensibles et les plus conscients des enjeux et de leur capacité à agir. Ils sont nombreux à préférer les structures à taille humaine, sans « bullshit job » ; ils s’engagent volontiers et réinventent les métiers artisanaux ; ils sont loin des repères et du confort auxquels rêvaient leurs aînés, et revisitent la place et la vocation du travail.

Les fondations ne sont pas un phénomène neuf au sein des entreprises. En revanche, la prise en compte sociale et sociétale de leur environnement et de leurs porosités respectives est plus récente et moins fréquente. Il faut citer l’exemple remarquable de SolidarCité à cet égard. Dons financiers et dons de compétences permettent aux mondes de se connaitre et de se reconnaître, de s’apprivoiser et de vaincre leur peur aussi. Ces convergences gratifiantes sont vertueuses mais restent en marge du core business des entreprises.

Maximiser la création de valeur pour les stakeholders et non plus uniquement pour les shareholders

Cette phase de Laurence Grandcolas, fondatrice de MySezame  illustre l’émergence d’une autre manière de créer de la richesse et de la valeur. Souvent le fait d’hommes et de femmes de conviction, ce regard sur la raison d’être des entreprises prend de l’ampleur. Par pragmatisme et par pression, la prise en compte de toutes les parties prenantes au delà des seuls actionnaires gagne du terrain; cette approche renvoie au temps des dinosaures la plupart des fonds activistes d’ailleurs ! De plus, de nombreuses études ont démontré que la performance non-financière est corrélée à la performance financière.

Le changement de paradigme est important : il ne s’agit plus de distraire une partie des richesses dédiées aux actionnaires à des causes, green washing et/ou variable d’ajustement hélas bien souvent ; il s’agit de concevoir nativement un business dont tous bénéficient.

Les associations aussi doivent se transformer

Face à cet environnement challengeant, les associations doivent – elles aussi – se transformer. Elles doivent fidéliser leurs donateurs en les associant davantage, communiquer autrement que via des campagnes d’appel aux dons, et mener leur transformation digitale. En un mot : elles doivent se professionnaliser pour devenir de plus en plus auto-portées, et ainsi moins vulnérables.

Leur fragilité actuelle est très symptomatique de la question du choix de la société à laquelle nous aspirons. Car finalement, quelle est la place des associations et leur rôle? Quel est celui de l’Etat ? Quel est celui des entreprises et de chacun de nous ? On observe tout à la fois la crainte de l’autre – exacerbée par les conflits et menaces – avec des replis identitaires inquiétants, et un monde qui n’a jamais été aussi ouvert, proche de nous et interdépendant

La légende amérindienne du colibri, joliment racontée par Pierre Rabhi,  me vient à l’esprit en conclusion : quand la forêt brûle, faisons nous chacun notre part ?

 

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Un robot administrateur indépendant

Le Conseil d’Administration de la Société Hongkongaise DVK accueillait il y a trois ans un nouveau membre : le robot Vital.

Pourquoi un robot dans un Conseil d’Administration ?

« Même si Vital n’assistera pas littéralement aux meetings, il n’y aura plus de décision prise sans avoir reçu son analyse : son opinion, ou plutôt les résultats de ses recherches, est aussi importante que l’avis d’un autre membre du CA »,

insiste le responsable de DKV, Dmitry Daminskiy, interrogé par Beta Beat.  Et il ajoute :

« Si les gens peuvent être subjectifs ou influencés par leurs émotions, les ordinateurs, eux, peuvent avoir des intuitions géniales. Former une équipe mixte est juste logique : nous essayons d’optimiser les avantages de chacun. »

A ma connaissance le cas de Vital reste relativement isolé, mais il n’en est pas moins interpellant.

DVK – pour Deep Knowledge Venture – est une société d’investissement en capital risque dans les domaines de la santé et du vieillissement. Vital (alias Validating investment tool for advancing life sciences) est un algorithme qui avait déjà prouvé sa valeur dans l’aide à la décision, mais pas encore en contribuant à la forger ; là réside toute la différence.

Les robots, intuitifs ?

Réaliser qu’un robot participe et vote comme les autres administrateurs d’un Conseil est un premier étonnement ; l’argument de l‘intuition évoqué par le dirigeant de DVK a de quoi surprendre davantage encore !

Un robot est un supercalculateur, doté d’une puissance et d’une rapidité que nul humain ne saurait égaler. Nous l’admettons depuis de nombreuses années, en particulier grâce à Deep Blue. Associer intuition et algorithme est d’une toute autre audace, et pose la question de la nature de l’intuition. De quoi parle-t-on ? L’intuition en occident recouvre-t-elle les mêmes notions qu’en Extrême Orient ?

Pour Mou Zongsan, les pratiques de sagesse propres à la Chine montrent que :

« l’homme, bien qu’être fini, est capable d’infinitude, et que l’intuition intellectuelle nous est ouverte, même si l’idéal du Sage reste pour l’humanité ordinaire l’objet d’un effort incessant »

Ainsi selon lui, l’intuition intellectuelle caractérise la tradition de pensée chinoise, par opposition à la pensée occidentale qui reste partagée entre la finitude de l’homme (intuition sensible) et l’infinité de Dieu (intuition intellectuelle).

C’est peut-être dans le contexte philosophique asiatique qu’il faut entendre les intuitions géniales que vante Dimitry Daminskiy ; cette gouvernance innovante aurait-elle pu émerger  dans un autre creuset culturel que celui de la Chine (nonobstant des différences réglementaires évidentes, bien entendu) ?

Humains et robots : alliance ou guerre ?

Dans un article récent portant sur le Paradoxe de Moravec  nous évoquions les risques de destruction des emplois les plus qualifiés et régis par des normes et process ; ce type de compétences est mis en oeuvre dans une part significative des missions des conseils, garants de la compliance notamment. Il est aisé de se dire que les algorithmes sécurisent les analyses, les relevés d’incohérence et de conformité. La recherche de corrélations, et donc de liens exploitables est également créatrice de valeur pour les membres d’un conseil. Que les algorithmes soient des aides précieux dans le risk management et l’identification d’opportunités est indéniable.

Mais la décision de DVK est d’une autre nature , et c’est la suprématie des ordinateurs sur les pauvres humains régis par leurs émotions qui est pointée.

Ce clivage est-il la bonne manière de regarder cet état de fait ? Garry Kasparov dans une conférence TEDx, rappelle que si l’on fait jouer des humains et des algorithmes ensemble aux échecs, la combinaison des deux est meilleure qu’un algorithme seul. Mais encore faut-il que l’interface qui leur permet de dialoguer soit bien pensée.

Au passage, il nous fait observer que les humains continuent de jouer aux échecs alors que nous savons depuis 20 ans – grâce à lui – que les ordinateurs sont meilleurs que nous à ce jeu.  Cette pensée résiliente du champion d’échecs nous ouvre des voies constructives, dont il faut s’emparer.

Les développements de l’Intelligence Artificielle sont fulgurants. La fuite ou le déni ne sont pas tenables. La contemplation non plus. En revanche ouvrir une réflexion large, associant de nombreux domaines (sciences, éthique, philosophie, sociologie, psychologie, économie….) est indispensable, et urgente !

Créer de nouveaux liens est plus que jamais d’actualité ! La baseline de Correspondances a été créée pour un monde entre humains, et il est temps de l’élargir !

 

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