Expressions de culture

En ce moment, la reconstruction d’un fleuron de la culture gothique mobilise des citoyens et les entreprises de partout dans le monde. Ce symbole, de l’histoire, de la chrétienté, de Paris, de la France, est une expression de culture qui appartient à tous, avec un rapport singulier pour chacun. Qu’inspire sa force mobilisatrice pour nos entreprises ?

Culture d’entreprise

Quels liens entretiennent Marque Employeur et Culture ? La notion d’employer branding, semble prendre ses sources en 1996 ; et oui, déjà! Tim Ambler et Simon Barrow précisent :

There are indications that strong corporate equity with the brand’s customers can improve the return on HR, while at the same time improved HR can improve the return on brand equity from external customers.

L’expression Marque Employeur est déposée en France par Didier Pitelet, homme de communication, en 1998. Il établit ce lien entre Marque Employeur et culture, définissant cette dernière  » comme le management : un tiers de tripes, un tiers de cœur et un tiers de cerveau ».

Sont-elles les deux faces d’une même médaille ? L’ADN de la Marque Employeur appartient au monde du marketing et de la communication. La nécessité de mener la guerre des talents a rendu indispensable l’extériorisation plus ou moins authentique de l’expérience collaborateur et de l’inscription sociétale de l’entreprise. Pour faire bonne mesure, ont émergé des sites donnant – anonymement – la parole aux collaborateurs actuels et partis. Le poids de la réputation justifie ces efforts de communication, et ceci bien au-delà de l’attractivité. Si la marque employeur est le reflet de la culture d’entreprise, convenons qu’il s’agit d’un miroir déformant.

Si l’on inscrivait la culture dans un bilan comptable, où la mettrait-on ?

Est-ce à l’actif ? au passif ? immobilisé ? circulant ? La culture apparait parfois comme un héritage immuable, que fierté et homéostasie transforment en dogme. Ou du moins est-ce la perception que nous pourrrions en avoir : la culture est ce qu’elle est, déterminant les comportements du collectif, dès que ses membres sont considérés comme intégrés, pour le meilleur et pour le pire.

Et si nous regardions la culture comme un actif circulant, vivant, contextualisé ? Les entreprises familiales sont reconnues pour leur culture forte, porteuse de racines et de sens. Fait-elle obstacle à leur agilité et à leur capacité à relever les défis ? La culture n’est pas sans impact sur la manière avec laquelle le corps social va s’emparer des challenges ; la constitution de ce corps social répond d’ailleurs souvent aux mêmes principes tacites : la mesure de l’adéquation culturelle au moment du recrutement est une approche pertinente de management des risques d’échec d’intégration.

La culture est le terroir, mais aussi ce que l’on en fait. La notion de terroir appelle, dans sa représentation symbolique, une notion de vérité, qui ne fait pas bon ménage avec la cosmétique. Comment parler vrai de son entreprise, au-delà des labels et des effets de manche ? Comment attirer des talents divers et renouvelés qui viendront enrichir les productions habituelles ? Comment, comme dirait Bertrand, passer à la permaculture humaine ?

Culture et performance

Dans un excellent article de HBR, Changez la culture de votre entreprise pour améliorer sa performance, Boris Groysberg, Jeremiah Lee, Jesse Price et J.YO.Jud Cheng posent cette articulation forte entre stratégie et culture :

La stratégie fournit une logique formelle pour définir les objectifs de l’entreprise et donne un cadre aux salariés pour les atteindre. La culture exprime les objectifs par le biais de valeurs et de convictions, et oriente l’activité par le biais d’hypothèses et de règles de groupe communes.

Deux cadres vivants qui concourent à la performance, et qui doivent être, l’un comme l’autre, objets de réflexion et de construction. Sans prise en compte de la culture, la stratégie est hors sol. La prendre en compte ne signifie pas la considérer comme le facteur limitant de toute stratégie. Il s’agit plutôt de la caractériser afin d’apprécier ses impacts : sera-t-elle facilitatrice, limitante, plurielle, evanescente ? Dès lors, comment infléchir la dynamique culturelle et aligner stratégie et culture ? Ces deux cadres s’inscrivent dans le temps long. La mise en parallèle a donc du sens.

Comme me le faisait remarquer un ami, la culture est rarement un sujet traité par les conseils d’administration et de surveillance, alors même que leur rôle premier est de définir la stratégie de l’entreprise. Je fais l’hypothèse qu’un sentiment d’impuissance a priori ruine toute vélléité d’adresser le sujet. A moins qu’il ne s’agisse d’un point aveugle.

Mais comment infléchir une dynamique culturelle ? Incarnée par le style de leadership de l’entreprise, la culture est vivante et se nourrit des comportements reproduits, par ses dirigeants, par ses managers ; elle est le sillon de ce qui est valorisé, toléré, proscrit. Elle parle par ses non-dits. Tout ceci est éminemment tangibles, ce sont des actes, du quotidien, du modifiable, du pilotable.

Une fois sa nature et sa puissance définies, la question de son adéquation à la stratégie visée et au leadership se pose. Toujours dans cette étude du HBR,

Les données que nous avons recueillies sur les activités de recrutement des cadres supérieurs indiquent que l’absence d’adéquation à la culture entraine jusqu’à 68% des échecs des nouveaux recrutements à des postes de haut niveau.

Combien sommes-nous à avoir mené une analyse dynamique sur la culture de notre entreprise et de sa trajectoire ?

Force et cohérence des représentations

La culture d’une entreprise est le reflet de son histoire et des personnages forts qui l’ont créée. Elle exprime – en creux – le souffle épique du récit de l’entreprise, de sa légende. Elle crée du « nous », si elle est consistante et convergente. Avec le temps elle se transforme, sans mot dire, au risque de perdre de sa consistance et de sa cohérence. Par exemple, la valeur « Réussir ensemble » est encore inscrite sur le site corporate, mais le système de rétribution de la performance a réduit le collectif à la seule participation aux bénéfices… Autre exemple, l’entreprise s’est développée par croissance externe et fait le pari d’un alignement culturel spontané…. Il est des moments particulièrement propices dans la vie des entreprises pour auditer l’ombre projetée de la culture auprès de ses collaborateurs : transmission, rachat, anniversaire, etc. Ces reflets permettent une mise en perspective avec la stratégie définie ; ils suggèrent les rituels de management et de communication à infléchir, à stopper ou à introduire. Certaines branches sont à couper pour que l’arbre garde sa forme et sa vigueur. Une culture s’entretient, et ainsi la fameuse expérience collaborateur devient de plus en plus propice à la survenue de la performance durable souhaitée.
A noter que le sentiment d’appartenance, cimenté par une culture vivace, laisse de plus en plus place au besoin de sens, et pas que pour les millenials! L’engagement en est la résultante.

Il est difficile de s’exonérer du questionnement lorsque l’on parle de culture, car in fine tout ceci n’est qu’une question de perception. Le regard systémique est nécessaire pour interpréter correctement les signaux émis et les ombres projetées, tant la dynamique culturelle est insaississable et prégnante à la fois. Le monde des symboles est invité permanent dans ces sujets de culture, et loin d’être accessoires, ils sont souvent les bras de leviers les plus puissants, connectés aux émotions et aux mondes inconscients.

L’homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l’observent d’un regard singulier.

Correspondances, les fleurs du mal de Charles Baudelaire

Nous pouvons oser écrire aussi « à travers des forêts de symboles qu’il observe d’un regard singulier », car réciproquement l’homme fait la culture et la culture fait l’homme (et la femme bien sûr!)

La culture n’est pas une fatalité, on n’a pas la culture que l’on mérite mais celle que l’on se fabrique. Encore faut-il s’en occuper.

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Rien ne m’est plus, plus ne m’est rien

En deuil de son mari le Duc Louis d’Orléans, Valentine Visconti a prononcé cette phrase célèbre gravée sur son tombeau : « Rien ne m’est plus, plus ne m’est rien. » Un vers d’une grande poésie, qui m’a touchée, en écho à l’abîme insondable d’un coeur qui a perdu ses liens et les siens.

Je ne suis pas coutumière de ce registre, aussi vais-je nouer des fils avec mon monde habituel, celui de l’entreprise.

Quand tout est vide

La douleur d’un deuil, d’une perte, est un passage normal pour aussi douloureux qu’il soit. Les approches sur le sujet du deuil ne manquent pas, l’une des plus connues étant la courbe de deuil du docteur Elisabeth Kübler Ross. D’intensité et de forme variable d’une personne à l’autre, la tristesse est souvent mélée à d’autres sentiments : la nostalgie, l’inquiétude, le sentiment de fragilité ou d’injustice. Si Valentine Visconti avait pris du propranolol, cette phrase n’aurait pas traversé l’histoire, et partant la guerre civile opposant les Orléans-Armagnacs et les Bourguignons n’aurait peut-être pas eu lieu.

Vous avez sans doute entendu parler de cette recherche canadienne opportunément rendue publique le 14 Février 2019 à propos d’une molécule venant à bout des chagrins d’amour et autres stress post-traumatiques. Dès 2009, le psychiatre Alain Brunet de l’université McGill avait démontré l’effet de ce médicament sur la manière dont sont mémorisés les souvenirs. La psychologue Amstellodamoise Merel Kindt démontrait que la prise de propranolol influe sue la chimie cérébrale en bloquant la reconsolidation de la composante émotionnelle de la mémoire. (source Psychomédia, BBC ScienceNews). « L’hypothèse que tout souvenir émotif, heureux ou triste,  soit neutralisé n’est pas écarté » spécule Merel Kindt. A la base dédié au traitement de l’hypertension, ce bêta-bloquant est maintenant qualifié de « médicament de l’oubli » par le Docteur Brunet qui assimile les chagrins d’amour à des stress post-traumatiques. Des expérimentations de ce traitement sont en cours, notamment en France.

Emotions et Ethique

Les stress post-traumatiques empêchent parfois la vie de reprendre son cours. D’ailleurs le propranolol a été testé auprès des victimes des attentats du Bataclan et de Nice. Valentine Visconti n’a pas obtenu réparation auprès du roi, elle n’a pas trouvé d’issue ni de sens au décès de son mari; elle lui a survécu un an. L’intensité de la tristesse est indéniable, de la colère aussi, et le propranolol l’aurait probablement soulagée. Toutefois je ne peux m’empêcher de m’interroger sur la dimension éthique. Effacer la composante émotionnelle d’un souvenir -et pourquoi pas de souvenirs heureux au passage – pouvoir traverser la vie avec la garantie de ne pas souffrir, n’est-ce pas un pacte dangereux ?

L’expérience nous prouve que les indications strictes prévues au départ s’étendent fréquemment vers des usages moins pertinents ou plus laxistes ; ce risque semble d’autant plus important qu’en France nous battons le record européen de consommation de psychotropes.

Faut-il supprimer les émotions ?

Jamais les termes de zen, bonheur au travail n’ont été aussi nombreux. Mais Fabrice Midal s’insurge, et cite Tal Ben-Shahar :

Pour ne pas ressentir d’émotions désagréables, il faut être soit psychopathe, soit mort.

Ou prendre du propranolol… Fabrice Midal revisite la notion de bonheur, qui n’est pas l’absence de souffrances mais l’expression de sa liberté d’agir ; c’est être vivant. Son dernier ouvrage, Traité de morale pour triompher des emmerdes, est vivifiant ; le bonheur est cause et non conséquence. La psychologie posititive et la méditation constituent les piliers de cette philosophie, et viennent bouleverser le bruit ambiant sur le sujet du bonheur, même et notamment en entreprise.

Il existe des tristesses abyssales, des dépressions, des mélancolies, qui ne peuvent être surmontées sans aide. Mais il existe aussi une intolérance à la frustration, à la contrariété, et plus généralement à toutes ces émotions dites négatives. Partie intégrante de notre nature humaine, ces hivers du coeur nous confrontent cruellement : à nos certitudes, nos fragilités, nos paradoxes. En cultivant la conscience de soi, de ce qui advient et de son pouvoir de nouer d’autres rapports avec l’adversité, nous grandissons et vivons pleinement.

Ce n’est pas la voie la plus simple, mais à terme je suis convaincue qu’elle est la plus belle et la plus libre.

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Discerner les signaux faibles pertinents

À l’issue d’un échange passionnant sur les signaux faibles animé par Daniel Cheron dans le cadre d’Apia (Administrateurs Professionnels Indépendants Associés), reste une question fondamentale : comment discerner les signaux faibles pertinents ? Dans le bruit incessant, entre fake news, signes trompeurs et/ou insignifiants, comment se repérer ?

Complexité du contexte

Après une croissance historique de son chiffre d’affaires en 2018 (+14,6 %), à 3,6 milliards d’euros, le groupe se montre sceptique sur sa capacité à atteindre cette année son objectif de + 10 %. Nous prenons [ce ralentissement] au sérieux, sans sombrer dans le pessimisme,

souligne un porte-parole du groupe familial de Stuttgart Trumpf, spécialisé dans les machines à découpe laser.

« Prise au sérieux et scepticisme sans sombrer dans le pessimisme » … posture toute en subtilité. Qui est destinataire de ce type de message: le marché ? Les actionnaires ? Les salariés? Les concurrents ? Face aux inquiétudes géopolitiques et climatiques, les dirigeants déroutés sont légion. La complexité réduit la capacité à repérer ces signes, et donc à négocier les virages stratégiques vitaux. Ce monde d’incertitudes fragilisent les hypothèses fondamentales qui guident perception et décision.

Négliger les signaux faibles et naviguer à vue?

Si rien n’est prévisible, que tout est possible, à quoi bon écrire des plans à moyen terme, des stratégies ? A quoi bon perdre du temps avec des instances de gouvernance ? Soyons agiles en day to day ! Avec une acoustique déplorable, difficile de voir loin…

85% des métiers de 2030 n’existent pas encore selon une vingtaine de chercheurs mandatés par l’Institut du Futur et Dell (mars 2017). L’étendue de cette terre inconnue est vertigineuse. D’autant qu’il s’agit d’un futur proche, tellement proche que cela semble inconcevable. Comment anticiper l’incertitude et l’inédit ?

Les data n’ont jamais été aussi nombreuses – sondages, prévisions économiques, études… – pourtant leur intelligence est souvent mise en défaut. Or les plus grandes erreurs de décisions ne sont pas le fruit d’un manque de données, qu’il s’agisse de la faillite de Lehmann Brothers, du Printemps Arabe, de l’accident de Fukushima, ou encore de l’élection de Donald Trump. Dans l’excellent Bienvenue en incertitude! Principes d’action pour un monde de surprises Philippe Silberzahn enfonce le clou : les erreurs ne proviennent pas d’un manque de signal, le Big Data et tous les algorithmes ne sont pas la panacée. En revanche des hypothèses erronés empêchent le repérage des signes signifiants, a fortiori lorsqu’ils sont inédits voire impensables. L’impensable amène au déni, comme l’a si bien décrit la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross au stade premier de sa devenue célèbre courbe de deuil.

Débusquer les cygnes noirs

Philippe Silberzahn pointe une erreur méthodologique majeure, consistant à confondre le management des risques – basé sur la notion de récurrence – avec la navigation en incertitudes, basée sur l’identification de divergences porteuses de futur. Tout concourt à négliger l’inédit : marginal, improbable, inaudible, il échappe à la lecture cartésienne et objective basée sur un consensus implicite d’hypothèses de travail propres aux comités de direction et à leurs conseils.

Pour repérer les cygnes noirs, une perception systémique, culturelle et sensible de l’univers dans lequel intervient l’entreprise est indispensable. S’y ajoute un art du questionnement des hypothèses et des croyances, qualifié de socratique par l’auteur de Bienvenue en Incertitude : poser des questions plutôt que se ruer vers les réponses, pour éviter le piège de l’évidence. Enfin, prendre en compte les cas particuliers, le singulier dans ses détails pour accueillir le bruissement de l’aile du papillon. Les généralités, hors sol et chiffrées, ne sont pas porteuses de sens ni d’apprentissage. Seules des conversations approfondies, concrètes et confrontantes permettent de discerner le signal faible du bruit.

Rôle réinventé de la gouvernance

In fine, le rôle fondamental des conseils d’administration et de surveillance ne réside-t-il pas dans 3 points ?

Aider l’entreprise à :

– apprendre à apprendre en la questionnant sans cesse et sans tabou, même sur ses évidences, sur ses fameux fondamentaux et ses hypothèses structurantes,

– y voir clair sur ses forces et ses angles morts pour la rendre plus consciente et plus forte intrinsèquement

–  éclairer un peu plus loin la trajectoire en associant la diversité de ses antennes et de ses capteurs, pour constituer avec elle et ses parties prenantes un maillage sensible et sensitif ancré dans sa réalité.

Pour une gouvernance au cœur de ces trois responsabilités, il faut un conseil divers, engagé, curieux et tenace. Son efficacité repose sur un pacte de bienveillance explicite. L’art du questionnement tel qu’évoqué plus haut nécessite une absolue confiance entre le management et le conseil, condition qui n’est pas toujours au rendez-vous, hélas.

Finalement, il ne s’agit peût-être pas tant de réinventer la gouvernance, mais de renouer avec ses origines maritimes au service des odyssées entrepreneuriales en temps incertains.

Enfin et surtout, un cygne faible peut être noir, … ou blanc !

 

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Un œil neuf comme cadeau de Noël

Un œil neuf parmi vos cadeaux, un œil neuf pour 2019, et pour les années suivantes ! Un cadeau utile, intemporel, adapté à toutes les morphologies et à tous les styles ! Un cadeau inusable tant que l’on s’en sert en effet ; il en est de l’œil neuf comme des montres automatiques : il s’arrête si l’on ne s’en sert plus.

A quoi sert un œil neuf ?

Un œil neuf a de nombreuses vertus : il permet de regarder les siens comme au premier jour, il permet de trouver grâce à des moments gris, de discerner dans le bruit la mélodie des menus plaisirs. Un œil neuf qui se pose sur un vieux problème n’a pas son pareil pour le dissoudre; roi de la fulgurance, de l’évidence et de la simplicité, il rend des services au quotidien. D’ailleurs, son propriétaire est connu pour ses intenses moments de jubilation, souvent  communicatifs! Son essor serait colossal, s’il ne se heurtait à un pessimisme retors…

L’œil neuf n’est pas un béni oui-oui

Ne pensez pas qu’il s’agit de cet optimiste béat qui voit systématiquement le verre à moitié plein et le monde à travers ses lunettes roses ! Au contraire, l’acuité de l’œil neuf est redoutable, sans concession. Il détecte en un clin d’œil les défauts d’alignements, les compromissions indignes, les attentats à l’éthique, et surtout les défauts de cohérence.  Cet œil interroge les loyautés fourvoyées et les croyances limitantes sans ménagement. Il faut du courage pour utiliser un œil neuf, et être prêt à rompre avec certaines de ses certitudes.

L’œil neuf fait aussi fonction de troisième œil, porte qui conduit au monde intérieur et à l’âme selon plusieurs traditions. Conscience de soi, vision de soi dans son monde et dans son système, débarrassées des scories des habitudes et des biais de perception. Ainsi s’ouvre la voie à la liberté d’agir, de changer avec confiance, de voir loin et juste.

Joyeuses fêtes de fin d’année, et très belle année 2019

Que l’an neuf vous permette de vous connecter à la puissance de l’aube.

Ce qui ne mue pas rend plus faible

Faire sa mue, changer de peau et avoir en permanence un costume à sa juste taille : c’est le destin des serpents. Qu’en est-il de celui des humains ? Ce titre est bien sûr d’un clin d’œil à la célèbre formule de  Friedrich Nietzsche :

Ce qui ne me tue pas me rend plus fort.

La vie est-elle un combat ?

Nous avons déjà évoqué la résilience, fille inconstante des épreuves de la vie. Certains ont révélé leur héroïsme au cours de circonstances dramatiques sans lesquelles ils ignoreraient encore leur puissance. Reconnaissons cependant que la malveillance, la maladie ou le manque de moyens sont le plus souvent pourvoyeurs durables de souffrance et de détresse.

Cette idée d’aguerrir, d’endurcir a fait florès. Elle a forgé les principes éducatifs d’avant Françoise Dolto. Ces verbes ne riment pas avec souplesse, grâce, finesse. Ils évoquent un monde hostile, dont il faut apprendre à se protéger pour survivre. Nous vivons sans guerre sur notre territoire depuis plus de 7 décennies, mais des menaces d’une nature nouvelle nous inquiètent ; elles peuvent être environnementales, terroristes, prendre leur source dans l’IA ou encore la recherche biomédicale…

Ces menaces sont complexes, appréhendées et mal appréhendées. La consommation croissante d’anxiolytiques mesure leur nuisance, ou plus exactement notre sensibilité à leur égard. Certains de nos comportements se modifient, de façon vertueuse quand il s’agit d’adopter de nouveaux gestes qui contribuent à sauver la planète. D’autres d’une façon préoccupante quand il s’agit de repli et de renoncements. Benjamin Franklin a eu cette phrase célèbre :

«  Ceux qui abandonnent une liberté essentielle pour acheter un peu de sécurité temporaire ne méritent ni liberté, ni sécurité. »

Les murmures de la mue

Certain(e)s se retournent sur le chemin parcouru et constatent à quel point ils ont/sont changés. C’est l’entourage parfois qui en témoigne, avec des remarques plus ou moins ambigües : « tu as beaucoup changé… ». Mais encore ?

Muer c’est renoncer. Abandonner, faire le deuil d’une partie de soi. Mourir un peu à soi pour se réinventer. J’entends souvent cette expression : » je souhaite grandir ». A quoi êtes-vous prêt(e) à renoncer, quelle fragilité êtes-vous prêt à accepter pour faire ce chemin ? Il faut du courage pour abandonner sa vieille peau, ses repères, et affronter cette phase de vulnérabilité extrême durant laquelle la nouvelle barrière protectrice n’est pas encore totalement efficace. C’est un risque à prendre, en même temps qu’une nécessité vitale. Cette nécessité est une évidence tangible pour le Serpent, une évidence sensible pour l’Homme.

La mue signe un passage plus ou moins harmonieux entre le passé et le futur. Décider de muer, c’est poser un regard réflexif sur sa vie, ses émotions, ses besoins. C’est s’offrir un/des temps pour revisiter ses croyances, les faire évoluer, en abandonner et en adopter d’autres. Une mue  peut être radicale et conduire à changer de style de vie, de  vie…

Etre bien dans sa peau

Il est parfois nécessaire de créer les conditions propices à cette rencontre avec soi. Le coaching peut servir de catalyseur, une retraite, un anniversaire marquant, un décès… Etre conscient de soi, être et vivre en harmonie, veiller à le demeurer est un droit et un devoir de femmes et d’hommes libres. Les conformismes sociaux et culturels ne devraient jamais empêcher de muer autant que de besoin.

Parfois ces révolutions intérieures s’extériorisent. Des changements de style vestimentaire, des nouvelles coupes/couleurs de cheveux, des déménagements comme autant de témoins de ruptures sentimentales, professionnelles ou existentielles. Ces alignements de l’image avec l’état intérieur deviennent visibles. Quel regard et quelle parole porter sur ces mues non mutiques ? De quelle audace doit-on faire preuve dans ce moment sublime où l’intime s’expose, alors que les doutes sont encore à fleur de peau, et que l’habit sent encore le neuf ? Oser parler, oser dire « j’ai vu »? C’est aussi dire « je te vois », un cadeau de plus en plus rare.

Prenez-soin de vous, soyez bien-veillants avec vous, entre vous, ne vous étriquez pas, ne vous rapetissez pas, osez muer, osez changer!

 

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Quel temps est-il ?

Paradoxe de rentrée ? Il faut accélérer mais … slow. Les injonctions sont contradictoires, voire irréconciliables. Dans le bruit de fond ambiant, les réflexions sur le rapport au temps enflent, signe sans doute d’une prise de conscience de son importance.

Alors, quel camp choisir : speed ou slow ?

« Qu’est-ce donc le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne sais plus. » Saint Augustin, Confessions (vers 400), trad. E Khodoss, livre XI, § XIV, XVIII et XX.

Qu’est-ce-que le temps ? Aller vite ou prendre le temps ? Slow business ou fast fashion ? Devenir une entreprise à mission et s’inscrire dans le long terme, et/ou accélérer (les levées de fond, le déploiement international…) ? La conjugaison des temps n’est pas simple, et le Besherelle du business n’a pas encore été inventé. Notons que la proportion d’entreprises respectueuses de l’environnement et des conditions de travail de leur filière croît, tout comme la part de celles qui valorisent le local et les savoir-faire artisanaux.

L’un de mes clients travaille dans le domaine de l’environnement. De par les technologies employées, de par l’ampleur des chantiers, la durée des projets se compte en mois et en années. Pour autant il faut atteindre rapidement une taille critique en conquérant de nouvelles parts de marché ; cash is king ne dit-on pas ? Et donc le sujet de la scalabilité s’impose : une croissance d’activité proportionnellement accompagnée d’une croissance du poids des charges n’a pas de sens : la refonte des process et même plus radicalement le changement de paradigme s’imposent. Et in fine le rapport au temps, qui est à la fois la clé d’entrée et la résultante.

Festina lente, Hâte toi lentement

Oxymore que l’on date de l’Empereur Auguste et devise de nombreux personnages célèbres, ce conseil précieux est-il la clé de notre énigme ? Au-delà de vitesses opposées, c’est de maîtrise qu’il nous parle. La maîtrise des temps afin de réussir. Etre maître des horloges est effectivement un signe de pouvoir, et souvent un enjeu majeur lors des négociations à quelque niveau qu’elles se passent.

Regardons la vie comme si elle était un CDI, DI comme Durée Indeterminée, et non à durée infinie comme le pensent parfois certains salariés à propos de leur contrat de travail ; pour le C, je laisse libre cours à votre imagination ! La plupart des entreprises a vocation à survivre à leur créateur et à leur dirigeant. Les temps sont longs et le sien est hors contrôle. La maîtrise du temps est donc un cadre posé qui facilite l’ordonnancement de la vie.

Plusieurs regards intimes s’opposent face à l’inconnue qu’est notre date limite d’utilisation optimale. Y a-t-il un lien de cause à effet entre le regard sur cette inconnue existentielle et la manière dont on conduit le char de sa vie ? Homme ou femme pressé(e), tendance activiste, ou à l’inverse, indifférent(e) aux échéances et gourmand(e) de l’instant présent ? Autre approche encore : nous sommes de passage sur terre, et comme le dit Antoine de Saint Exupéry :

Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants.

Et donc travaillons pour les générations futures, bâtissons des cathédrales de vie, de nature, de bien vivre ensemble, et mettons toute notre énergie sans tarder à ce grand oeuvre.

Le temps c’est de l’intime

Bien évidemment tout notre environnement digital rétrécit en continu l’espace-temps d’une façon extraordinaire. Chacun connait l’importance du Time to Market. Même le luxe s’y adonne, avec, par exemple, la stratégie See now buy now de Burberry pour la Fashion Week de Londres. Réduire les temps non créateurs de valeur pour augmenter les marges et perdurer anime de nombreuses écritures de PMT. Tout ceci est du mental, de la connaissance, accessible à tous et pourtant non observé partout. Pourquoi ?

La résonance du temps est intime ; Chronos, dieu primordial de la mythologie grecque, est le dieu du temps et de la destinée. Etre dirigeant engage à mener un travail de réflexion (coaching par exemple) sur son rapport intime au temps, à la lignée dont on est issu, à son projet de vie. La conscience de son rapport intime au temps est indispensable au pilotage des temps professionnels qui mobilise le temps des autres.

La conscience de son rapport intime au temps rend libre le pilotage des temps professionnels, et ces degrés de liberté profitent au tempo giusto. Le sujet n’étant pas d’aller vite ou lentement mais d’être au juste moment, au juste rythme, dans la juste intensité.

Le temps biologique

Temps de la vie, temps des saisons, des tomates en été et des oranges l’hiver ; ce rapport au temps invite au respect de soi rendu possible par la conscience de soi ; ça chacun peut l’ajouter à sa to do list de rentrée!

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Devoirs de vacances et devoir de vacance

Je vous souhaite des vacances incroyables, d’authentiques vacuités, je vous souhaite de vaquer à vous !

Amazing holidays

Pendant quelques semaines/jours, imaginez que vous vous reconnectez avec l’enfant qui sommeille en vous, et à vos rêves… Votre enfant est-il fier de vous, est-il heureux de l’adulte que vous êtes devenu ? Quels renoncements l’attristent, l’irritent ? Quelles belles surprises lui avez-vous offertes ? En vidant votre to do list, vous vous donnez l’opportunité d’un précieux rendez-vous avec vous-même et avec les autres.

Avez-vous connu les « devoirs de vacances » ? Peut-être même y en a-t-il dans les valises pour vos propres enfants ? Ce serait dommage qu’ils oublient tout en quelques semaines, l’oisiveté étant la mère de tous les vices, de surcroît ! Pris au sens littéral, Le Devoir de vacances peut s’entendre au sens du Devoir de réserve, comme une obligation à être vacant, une obligation de faire rien…  Dans sa Lettre à Minicius Fundanus (IIème siècle), Pline le Jeune écrit :

Mieux vaut infiniment ne rien faire que de faire des riens.

Pas simple, tout cela ; c’est pourquoi je vous propose des devoirs de vacances qui aident à ne rien faire, ou mieux encore, à faire rien !

Devoir de rédaction : Bien réussir ses vacances, c’est quoi pour vous ?

Imaginez des vacances idéales pour vous ; quels en seraient les effets à la rentrée ? Quelles sont les conditions nécessaires à ce succès, quels en seraient les obstacles ?

Vous visualisez cette rêverie et la racontez par écrit en 130 mots (environ !)

Devoir de mathématiques : Mesure du temps de déconnexion.

Il s’agit, bien sûr, de la déconnexion professionnelle, de l’organisation de l’absence, de la confiance dans le dispositif mis en place, mais pas que. Faire du sport pour le plaisir, sans enjeu de performance, sans objet connecté, attentif à ses seules sensations. Etre ici et maintenant, avec les vôtres et ceux dont vous ferez connaissance.

Réalisez une courbe suivant votre progression.

Devoir de sciences naturelles : Redécouvrez votre corps, son anatomie, son rythme, ses besoins.

Votre corps vous envoie des signaux de tous ordres, pour préserver ou restaurer son homéostasie (satiété, fatigue…). Or, les rythmes contraints des vies trépidantes nous éloignent de ces perceptions, amenant le corps à s’exprimer plus fortement, plus douloureusement parfois, pour être entendu.  C’est par notre corps que nous existons au monde (en tout cas pour le moment !)

Notez dans un carnet ce que vous (re)découvrez du fonctionnement extraordinaire de votre corps.

Devoir de rien et de tout :

Contemplez, regardez les étoiles, écoutez le vent, et sentez votre présence dans cet univers immense. Prenez conscience (de vos sensations, de ce qui vous entoure) Quel sens a votre vie, quel sens ont vos actions ? Qui êtes-vous ? Je vous laisse à votre méditation…

Et surtout je vous souhaite de belles et pleines vacances. Je serais ravie que vous répondiez à ce billet par quelques partages. Je vais m’appliquer ces devoirs de vacances d’ailleurs!

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La raison d’être de la Loi PACTE

En réponse au constat de la financiarisation de l’économie et au court-termisme de certains investisseurs, Nicole Notat et Jean Dominique Sénard ont remis au gouvernement un rapport le 9 mars dernier comprenant 14 préconisations. Parmi ces préconisations, certaines ont fait débat, notamment l’évolution de la définition des entreprises et de leur raison d’être dans le code civil et dans le code du commerce . A ces préconisations s’oppose la crainte d’un risque, défini comme « culturel ».

Risque culturel, de quoi s’agit-il ?

Autant la notion de risque interculturel est connue, autant celle de risque culturel peut laisser perplexe. Ce risque est invoqué par le président du Medef Auvergne Rhônes Alpes à l’encontre de l’évolution du code civil (article 1833) dans une interview parue dans les Echos le 11 avril 2018. L’analogie avec le principe de précaution éclaire  faiblement le sujet. L’introduction du principe de précaution dans la constitution aurait changé durablement le sens de l’initiative et le management du risque.

Le risque culturel le plus grand ne serait-il pas de ne rien faire ? Peut-on nier que l’environnement des entreprises a changé, que les citoyens, collaborateurs, partenaires et clients attendent autre chose des entreprises ? De nombreuses expériences de B Corp ou d’entreprises vertueuses by design ont prouvé qu’opposer responsabilité sociétale et rentabilité n’a pas de sens. Des études prouvent même la relation linéaire entre performance non financière et performance économique.

Certaines voix s’élèvent pour signaler que les dirigeants envisagent déjà la création de valeur sous un angle plus large que la seule maximisation du profit. Dans ce cas, mettre en conformité les textes avec les pratiques serait vertueux et même anodin. De plus, cela aiderait le management à faire face à des fonds activistes un peu trop offensifs. Les partisans de la soft law redoutent que cette inscription dans la loi entraîne une instabilité juridique. Le combat hard law versus soft law trouve à nouveau ici un beau terrain d’expression !

Dans l’hypothèse où certains dirigeants n’auraient pas encore mené de réflexion sur la raison d’être de leur(s) entreprise(s), la loi viendrait les y amener. Ce management par la contrainte a déjà fait ses preuves avec la loi Copé Zimmerman, qui a fait passer d’impensable à impossible l’introduction de femmes au cœur des Conseils d’Administration, puis finalement d’envisageable à souhaitable (enfin, pas partout…).

Serait-ce un sujet de prérogatives ?

En lisant les propositions d’une part et leurs objections d’autre part, la question des prérogatives semble centrale. Nicole Notat et Dominique Sénard proposent d’augmenter la représentation salariée au sein des Conseils d’Administration et de Surveillance.

Ils suggèrent de confier à ces conseils

« la formulation d’une raison d’être visant à guider la stratégie de l’entreprise en considération de ses enjeux sociaux et environnementaux ».

Une nouvelle instance, le comité des parties prenantes, est recommandée pour les grandes entreprises, distincte du Conseil d’Administration (ou de Surveillance). Les territoires et lignes bougent, sans parler de la reconnaissance des entreprises à mission qui se voient offrir un cadre spécifique.

Confier à un CA la responsabilité de formuler la raison d’être est cohérent avec sa responsabilité en matière de stratégie.

La rupture vient davantage des propositions quant à sa composition : la présence accrue des salariés. Il n’est pas rare que cette idée soit perçue comme profondément repoussoir par les DG et les DRH. Elle est à inscrire dans un débat plus global et français sur la représentation des salariés et la représentativité de leurs élus et syndicats. Les conditions de la co-gestion à l’allemande ne sont pas (encore ?) réunies en France. Pour autant, certaines entreprises sont parvenues à nouer un dialogue apaisé et constructif au sein de l’ensemble de leur corps social, par pragmatisme autant que par conviction. Il n’y a pas de fatalité, mais un changement profond et volontariste de la culture managériale, préalable à d’éventuels nouveaux équilibres.

La préconisation de créer une instance supplémentaire, le comité des parties prenantes,  laisse perplexe. Ni gouvernance ni tout à fait dirigeance, ce nouveau comité augure essentiellement plus de complications dans un monde plus complexe. Le jeu entre les instances actuelles, s’il est bien dirigé, permet d’aborder tous les sujets. Une approche Stakeholders découle naturellement de la définition de la raison d’être de l’entreprise par le CA/CDS. Il n’est donc pas besoin d’organes supplémentaires, mais d’un Conseil qui joue pleinement son rôle, qui s’évalue et se challenge périodiquement via des dispositifs reconnus, tels que le Boardstrat®

Une chance pour toutes les entreprises quelle que soit leur taille

Mettre l’accent sur la raison d’être d’une entreprise, c’est forcer l’explicitation sur ce qui fait la richesse et l’aspérité d’une entreprise. Mettre en avant ses atouts financiers mais pas que, raconter une histoire,  partager sur ce qui unit et ce qui attire, ce qui fait que le travail de chacun a du sens. Il s’agit aussi de contenu de marque et de marque employeur. Cette étoffe est un supplément d’âme qui permet aux entreprises – même les plus petites – d’attirer les talents. Les jeunes diplômés boudent les grands groupes qui faisaient la fierté de leurs aînés.

La future loi PACTE (pour Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises)

Présenté mi-juin en Conseil des Ministres, le projet de loi comprend un volet visant à doper la performance des TPE et PME tricolores et un volet social, concernant notamment l’Epargne Salariale. Un projet de loi plus large que l’axe RSE, qui heurte certaines sensibilités, et dont les médias se font l’écho. Ce renforcement de la Responsabilité Sociale et Sociétale des Entreprises peut être regardé comme un risque, mais il s’agit surtout d’une opportunité. D’ailleurs l’APIA, Association des Administrateurs Professionnels indépendants s’adressant essentiellement aux PME et aux ETI, milite en faveur d’une notion élargie de la RSE,

« au delà de la défense légitime des droits des actionnaires ».

Au delà ne signifie pas à la place de , mais bien en plus de.

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France Apprenante, contre votre obsolescence programmée

Je suis fière de faire partie des 100 premiers signataires du manifeste de la France Apprenante !

France Apprenante, de quoi s’agit-il ?

Ce mouvement fédère des initiatives diverses qui ont en commun de penser que le changement de paradigme est indispensable pour nos sociétés actuelles. Il ne s’agit pas de repenser le fonctionnement des organismes collecteurs ou de la répartition du trésor de guerre de la formation professionnelle. Il s’agit bien plus profondément de passer à une société apprenante intrinsèquement, prête à cohabiter avec les Intelligences artificielles et les robots, et consciente que les soft skills sont des trésors.

Le développement de chacun est un besoin fondamental dans ce monde que nous contribuons à créer, tout autant que la santé, la liberté de circuler et de penser. Il n’est pas imaginable que des populations de plus en plus nombreuses soient laissées de côté parce que leurs compétences ne répondent plus à aucun besoin.

Des makers

Le Lab RH, CollectivZ, Simplon, Numa, Slash, CRI, Schoolab, constituent – entre autres – la communauté des makers de France Apprenante, et contribuent à Apprendre à apprendre :

Mercredi 16 mai 2018 a lieu la conférence de presse et lancement de France Apprenante en présence d’Estelle Sauvat (Haut commissaire à la transformation des compétences) et de François Taddeï (Directeur du Centre de Recherches Interdisciplinaires). A cette occasion, une Keynote et un débat sur : « Se préparer aux mutations de l’activité en retrouvant le plaisir d’apprendre ». En particulier seront abordés les thèmes suivants :

  • Quel impact, les mutations en cours du monde du travail liées à la transformation digitale et à l’arrivée de l’Intelligence artificielle ont-elle sur l’activité, l’accompagnement et la formation des individus ?
  • Les nouveaux parcours de formations : exemples en France et à l’étranger
  • La digitalisation et l’impact de l’intelligence artificielle sur le monde du travail
  • La place grandissante des soft skills et leur évaluation
  • La place grandissante des communauté

Responsabilité sociétale

Expérientielle, collective et connectée, la formation doit se réinventer dans l’intérêt des entreprises, des territoires et de chacun. Nous aurons plus d’une vie dans une vie, et nous aurons besoin de plusieurs inspirations pour lutter contre notre obsolescence programmée. C’est une chance que de pouvoir se réinventer, de s’essayer dans des rôles successifs en sachant qu’ils sont temporaires par nature. Le risque est accessible, devient une opportunité, à condition que l’environnement permette d’abaisse les barrières. Pour que toutes ces mues soient harmonieuses et respectueuses de soi, il faut commencer par s’explorer. Ce Soi, pivot de toutes les transformations, doit être connu et reconnu, parce qu’il est le socle de toutes les énergies. Le travail sur soi et l’alignement font aussi partie des piliers de France Apprenante, et à cet égard rencontrent évidemment aussi mon enthousiasme.

Personne isolément ne peut répondre à ces mutations ; en revanche ensemble nous pouvons contribuer à développer cette société apprenante. Makers, allez visiter le site, et inscrivez vous dans le mouvement!

 

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Ouverture d’un bureau régional APIA Hauts de France

Je suis fière et heureuse de faire partie d’équipe pionnière d’APIA Hauts de France, bien décidée à promouvoir la gouvernance, ses bonnes pratiques et bénéfices auprès du tissu exceptionnel des entreprises de notre région ; pour ce faire, une bonne dose d’énergie et de savoir-faire seront consacrés au développement continu des compétences des administrateurs indépendants.

L’APIA (Association Administrateurs Indépendants et Professionnels), est une association qui regroupe des dirigeants et entrepreneurs exerçant des mandats d’administrateurs, cooptés par leurs pairs et engagés par une charte rigoureuse qui lui confère toute sa spécificité.

Philippe Thomas, PDG de la Compagnie des Vétérinaires et président du bureau Hauts de France, a mis en avant ce 12 Février la force de l’équipe au service de nos ambitions. Ce bureau compte sept membres, et mes six coéquipiers sont Philippe Thomas, Françoise Michel, Bruno Tesson, Augustin Becquey, Xavier Vankeerberghen et Jean Luc Tramoy. Cette constitution intervient quelques jours après l’élection du nouveau président de l’APIA, Ghislain du Jeu.

L’expansion de l’APIA Hauts de France se dessinera dans trois dimensions : bien sûr de nouveaux adhérents, évidemment des entreprises souhaitant muscler leur gouvernance via des administrateurs indépendants professionnels, challengeants et bienveillants, et également des partenaires, engagés et animés par les mêmes convictions.

Nous serions heureux d’échanger avec vous sur ce thème de la gouvernance ; n’hésitez pas à nous contacter, parce que Gouvernance rime avec Performance !

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