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L’entrepreneurship de la pieuvre

Entrepreneurship chez les pieuvres, peut-être est-ce un concept étrange, voire franchement anthropomorphique, quoique… Après le gène TP53 des éléphants, gage de la survie de l’espèce (cf La biologie des entreprises résilientes), Correspondances continue de puiser dans les sciences des animaux des analogies iconoclastes et pertinentes au profit des problématiques de transformation de nos entreprises.

Nous avons tous entendu parler de Paul le poulpe, l’oracle d’Oberhausen, et des débats enflammés sur l’origine de son talent divinatoire presque parfait lors des matchs de l’Euro 2008 et de la coupe du monde de football de 2010. Présente aussi dans les symboles et l’imaginaire, de Victor Hugo à James Bond, de la mafia au Pirate des Caraïbes,  sans oublié le Kraken, la pieuvre n’a pas bonne presse. Et pourtant!

Avec 3 coeurs et 9 cerveaux, la pieuvre démontre de l’habileté, de la résilience , le goût du jeu et des capacités d’adaptation remarquables. Ouvrir des bocaux, utiliser des outils, imiter, se transformer, se réparer après la perte d’un tentacule, ou passer par des passages étroits grâce à son absence de squelette sont autant de savoir-faire fascinants. Le plus intéressant pour nos préoccupations – qui ne sont pas que zoologiques –  est qu’après avoir débranché les liaisons nerveuses entre le cerveau de l’octopode et ses tentacules, des chercheurs se sont aperçus qu’il continuait de réagir de manière adaptée à des stimuli. Ses cerveaux permettent d’adopter une attitude adaptée à chaque endroit de son corps que l’on sait parfois immense.

Prenons la pieuvre comme modèle pour l’entreprise: des équipes suffisamment nombreuses et agiles pour qu’il n’y ait pas de trou dans la raquette, capables de réagir en toute autonomie aux évènements au profit du développement de l’ensemble; de la puissance et une bonne appréhension de l’environnement dans toutes ses dimensions, capables de faire face à l’adversité sans dommage irréversible, et disposant de très fortes capacités d’apprentissage. Les problématiques sont traitées au bon endroit, subsidiarité rendue efficace par la décentralisation des zones cognitives et décisionnelles.

La nature a doté ce céphalopode de  l’équipement nécessaire à toute entreprise confrontée à des enjeux majeurs de transformation. Des coeurs et cerveaux répartis sur l’ensemble du corps sont également la marque des entreprises libérées. Source inépuisable d’inspiration, la nature nous donne des clés précieuses pour nous adapter à nos environnements complexes.

Gageons que nous regarderons les pieuvres d’un autre oeil!

Retrouvez ici les articles du blog – merci d’avance pour vos Correspondances!

Plus le cadre est strict, plus je me sens libre

Cette phrase qu’aurait prononcée Mozart mérite un arrêt de quelques minutes.

Le cadre, comme nous l’avons vu dans le précédent article du blog du site de Correspondances, est l’un des 3 piliers du manager; le cadre entoure l’oeuvre et fixe les bornes. Il contraint le génie de l’artiste à fuir la facilité et le contient.

Dans le monde de l’entreprise, le cadre permet de faire mieux avec moins, d’innover, c’est à dire d’oser imaginer des solutions frugales et parfois géniales.

Il n’est pas l’ennemi de l’épanouissement individuel et collectif, ni même de l’entreprise libérée, bien au contraire. Porteur de sens, il donne de l’assurance. Penser et agir out of the box suppose d’avoir une représentation claire de ce qu’est la boite!

Le cadre n’est pas l’oeuvre comme la carte n’est pas le territoire, mais il est la condition sine qua non de la créativité.

Qu’en est-il du statut Cadre, parfois décrié, et – au delà de l’homonymie-, quelle est sa contribution en l’espèce? Caractérisé par son adhésion à une caisse de retraite spécifique, ce statut ne semble pas avoir de relation particulière avec notre sujet du jour. Notre sujet est un enjeu managérial, qu’il soit hiérarchique ou fonctionnel, et concerne tous les niveaux de l’entreprise, a fortiori son top management.

Un dirigeant qui exprime le cadre dans lequel se joue la partie, avec des mots simples et conformes à la culture de son entreprise, potentialise de façon magique sa performance; on peut le vérifier aisément par un micro-trottoir dans les couloirs, en mesurant la proportion des managers qui connait la réponse à ces 3 questions:

Quelles sont nos 3 priorités dans les 12 mois qui viennent?

A quoi verrons-nous concrètement que nous avons réussi?

Personnellement, quelle sera votre contribution principale?

Simple direz vous? peu fréquent en fait…