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Le coucou, Satie et l’innovation 

Pas d’innovation, pas de succès ! Le succès passe par l’innovation, en termes de produits, de services, de shopping expérience, d’usage, bref de tout. Facile à dire! Alors tous out of the box! C’est ce que fait le coucou d’ailleurs, en déposant ses œufs dans le nid d’autres oiseaux n’appartenant pas à son espèce, leur laissant le soin de s’en occuper à sa place. Comme si un projet marketing voyait son développement confié à des financiers, par exemple … et pourquoi pas?  Innover n’est-il pas plus facile quand on ignore tout des paradigmes, croyances, usages qui sclérosent une fonction ? Se lancer abruptement dans une réflexion en terre inconnue, faire éclore des idées iconoclastes et leur donner corps ?

Candide ou l’optimisme
La pratique du candide dans les groupes métiers est ancienne autant que timide. Candide est invité à réagir, à questionner, à s’etonner, puis à s’en aller pour laisser les femmes et les hommes de l’art travailler.
Et si l’on allait plus loin? Si, tous candides, tous contribuant à donner corps à des idées enracinées dans d’autres disciplines que les nôtres, nous mettions radicalement en place les conditions de l’innovation? En jouant simplement et puissamment avec la diversité de nos talents?
 Heureusement qu’il n’était pas un musicien!
J’ai été frappée en lisant ces lignes qu’Eric Satie a écrites dans les  » Memoires d’un amnésique », Paris 1913 :
Tout le monde vous dira que je ne suis pas un musicien. C’est juste. Dès le début de ma carrière, je me suis, de suite, classé parmi les phonométrographes. Que l’on prenne le « Fils des Etoiles », ou les « Morceaux en forme de poire », « en Habit de Cheval », ou les « Sarabandes « , on perçoit qu’aucune idée musicale n’a présidé à la création de ces œuvres. C’est la pensée scientifique qui domine. Du reste, j’ai plus de plaisir à mesurer un son que je n’en ai à l’entendre. Le phonomètre à la main, je travaille joyeusement et sûrement.
En mesurant et associant scientifiquement les sons, Erik Satie a créé un univers musical innovant, influant, traversant durablement tous les arts avec humour.
Voici une proposition à peine audacieuse : pour innover, miser pleinement sur tous les talents de son entreprise, les combiner à l’envi, et croire qu’il y a moins de risques à confier un projet à un candide de l’entreprise qu’à un expert de l’extérieur.
Pour s’en assurer, il suffit de calculer la factorielle de vos talents: quelle puissance d’innovation, ces Talents!
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David Bowie: l’inspiration

Indépendamment de la couleur musicale, David Bowie est une puissante source d’inspiration pour les leaders des entreprises; à lui seul il incarne l’audace, l’innovation, la détection de talents, la capacité à collaborer, l’avant-garde en matière de distribution, de vision sur l’évolution des habitudes de consommation de musique, sur de nouvelles manières de créer de la valeur, sur l’extension de l’offre…

Il allie créativité et grande rigueur, maîtrise et extravagance, art et business, en se réinventant avec une justesse qui aura touché jusqu’au bout les jeunes générations. Il n’a pas rencontré le succès en permanence, mais à chaque fois il est parvenu à se réinventer.

Que penser de ce dernier coup de maître avec l’album Blackstar, sorti 2 jours avant son décès, lancinant et oecuménique testament et cadeau d’une vibrante générosité? Quelle classe!

Vous l’aurez compris, j’aime beaucoup l’artiste David Bowie; cet homme orchestre touche Correspondances par la dimension holistique de son talent, et par l’élan qu’il nous insuffle à oser rompre avec des business établis, à imaginer comment nos produits seront consommés par les clients demain. Il a initié des modes et a pris le risque de déstabiliser ses « clients » fidèles par des approches artistiques disruptives, comme l’a fait Picasso d’ailleurs.

Plutôt que de déplorer les phénomènes de désintermédiation, les effets d’internet sur les prix (et les marges), imaginons – dans nos activités – comment (re)créer de la valeur, comment devenir une marque plus puissante, c’est à dire consistante. David Bowie a eu une véritable approche de marque, qu’il a construite et nourrie grâce à sa culture et son éclectisme. La culture, la sociologie, la psychologie et toutes ces sciences dites molles apportent un fond et une colonne vertébrale à nos propositions.

Ce n’est qu’à cette condition qu’il est possible de se transformer – il faut être formé pour se transformer – et qu’il est possible de traverser le temps.

I’m happy, hope you’re happy too!

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A bientôt!

Plus le cadre est strict, plus je me sens libre

Cette phrase qu’aurait prononcée Mozart mérite un arrêt de quelques minutes.

Le cadre, comme nous l’avons vu dans le précédent article du blog du site de Correspondances, est l’un des 3 piliers du manager; le cadre entoure l’oeuvre et fixe les bornes. Il contraint le génie de l’artiste à fuir la facilité et le contient.

Dans le monde de l’entreprise, le cadre permet de faire mieux avec moins, d’innover, c’est à dire d’oser imaginer des solutions frugales et parfois géniales.

Il n’est pas l’ennemi de l’épanouissement individuel et collectif, ni même de l’entreprise libérée, bien au contraire. Porteur de sens, il donne de l’assurance. Penser et agir out of the box suppose d’avoir une représentation claire de ce qu’est la boite!

Le cadre n’est pas l’oeuvre comme la carte n’est pas le territoire, mais il est la condition sine qua non de la créativité.

Qu’en est-il du statut Cadre, parfois décrié, et – au delà de l’homonymie-, quelle est sa contribution en l’espèce? Caractérisé par son adhésion à une caisse de retraite spécifique, ce statut ne semble pas avoir de relation particulière avec notre sujet du jour. Notre sujet est un enjeu managérial, qu’il soit hiérarchique ou fonctionnel, et concerne tous les niveaux de l’entreprise, a fortiori son top management.

Un dirigeant qui exprime le cadre dans lequel se joue la partie, avec des mots simples et conformes à la culture de son entreprise, potentialise de façon magique sa performance; on peut le vérifier aisément par un micro-trottoir dans les couloirs, en mesurant la proportion des managers qui connait la réponse à ces 3 questions:

Quelles sont nos 3 priorités dans les 12 mois qui viennent?

A quoi verrons-nous concrètement que nous avons réussi?

Personnellement, quelle sera votre contribution principale?

Simple direz vous? peu fréquent en fait…