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Pour trouver le bonheur faut-il le chercher ?

Pour trouver le bonheur faut-il le chercher ? Ce sujet de l’épreuve de philosophie pour les futurs bacheliers des séries techniques fait un tel écho aux réflexions sur le bonheur en entreprise que je ne résiste pas au plaisir de plancher !

Il est où le bonheur, il est où ?

Citation hasardeuse, j’en conviens… Etant donné le nombre exponentiel de Chief Happiness Officers (CHO) dans les entreprises de nos jours, le bonheur doit être beaucoup plus facile à trouver qu’auparavant ! A moins que ce ne soit le contraire… Déjà en 2011, Tony Hsieh, cofondateur de Zappos, en faisait l’apologie dans L’entreprise du bonheur. Est-ce une mue sémantique de l’ancien acronyme RH – signifiant Rendre Happy – ou s’agit-il de tout autre chose ?

Le constat est le suivant : le bonheur est un sujet à part entière, de plus en plus doté de professionnels dédiés au sein de l’entreprise. Nous pouvons donc faire l’hypothèse suivante : bien que farouche, le bonheur serait un élément clé de la performance.

De quoi s’agit-il ? “Le bonheur c’est le plaisir sans remords. ” aurait dit Socrate.  Selon le Littré : État heureux, état de pleine satisfaction et de jouissance, chance favorable, satisfaction intime. C’est aussi, et, sans doute un peu oublié, un petit meuble où l’on serre les papiers et les petits objets auxquels on tient (bonheur du jour). A travers ces approches, la dimension personnelle, voire intime, saute aux yeux.  Bouddha ne dit-il pas : « Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est très difficile de le trouver en nous, il est impossible de le trouver ailleurs. »

Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve

Etrange, de fuir ce à quoi l’humanité entière aspire, n’est-ce-pas ? Dans son dernier ouvrage Happiness Track, Emma Seppälä , a interrogé de nombreux entrepreneurs ayant réussi de façon remarquable ; elle en dit : « They were burning themselves out and « postponing » happiness in the belief that they would eventually be happy when they succeeded in their career goals ». Or, elle précise “Research shows that self-criticism is basically self-sabotage, whereas self-compassion – treating yourself with the understanding, mindfulness and kindness with which you would treat a friend – leads to far greater resilience, productivity and well-being.”.  Ne serions-nous pas parfois ennemis de notre intérêt ?

La résilience, une clé de voûte

Lao-Tseu a dit :  Le bonheur naît du malheur, le malheur est caché au sein du bonheur. (Tao-tö-king, LVIII – VIe s. av. J.-C.). Comme le yin et le yang, le bonheur serait un ingrédient à part égale avec le malheur, croyance qui rejoint les dogmes de plusieurs religions qui promettent la félicité au paradis après une vie d’efforts et de souffrances.

Ces conceptions sont difficilement compatibles avec nos sociétés hédonistes, qui font porter sur chacun une véritable responsabilité de construire son bonheur affiché, d’être beau, en pleine santé et de réussir de front toutes ses vies.

Les épreuves – et je ne parle plus du baccalauréat – sont souvent apprenantes. Elles nous en apprennent sur nous-mêmes, et développent notre « mémoire de forme » de l’âme et du coeur. La résilience fait écho à la notion de management réflexif. Cette connaissance intime de nos ressorts et besoins rend plus apte à capter les instants magiques, à prêter attention aux synchronicités, et pourquoi pas à découvrir par sérendipité.

Pour trouver le bonheur faut-il le chercher ?

Le bonheur est singulier, comme le sont nos besoins. La disponibilité au bonheur peut être facilitée par le collectif, comme le fait le Bouthan avec sa célèbre mesure du Bonheur National Brut. Il repose aussi et surtout sur la perception, la capacité à s’émerveiller, à observer, à être connecté à son environnement. La disponibilité au bonheur, plus que sa quête, est peut-être le chemin du bonheur?

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I love people

Le témoignage d’Alice Sommer, * est une fabuleuse leçon de vie, d’optimisme, de courage et de bienveillance; I love people répète-telle à plusieurs reprises, elle qui n’a pourtant pas été épargnée par la vie et par les gens…

A 109 ans – Converse® aux pieds et déambulateur à bout de bras – elle interprète à longueur de journées les compositeurs classiques, Bach, Brahms, Beethoven, et d’autres ne commençant pas par B; elle raconte avec sobriété le rôle fondamental que la culture a joué durant toute sa vie, la créativité dans laquelle elle a baignée enfant, à l’instar de ce que décrit Stefan Zweig dans « Le monde d’hier, souvenir d’un européen ».

Elle évoque son amour qui ne rime pas avec possession, sa résilience après son internement dans les camps, et surtout sa capacité à goûter pleinement chaque moment au moment.

Tout est bon et mauvais. Je regarde le bon côté.

Elle partage sa capacité à voir le beau en toute chose, même dans les pires moments, et cultive la gratitude.

La valeur Travail, la recherche de l’excellence appartiennent aussi à son message.

Si l’on aime quelque chose, il faut travailler, travailler, travailler…

La musique est le sel de sa vie; elle est sa compagne du début à la fin, transcende les douleurs et les doutes, emplit sa vie et son âme. Sa passion s’est confondue avec son métier de virtuose, passion que l’âge n’a pas abimée. C’est rare de pouvoir conjuguer par tous les temps passion, métier, retraite.

De quoi seront remplies les années qui séparent la retraite du dernier souffle pour tous ceux qui n’ont investi que leur vie professionnelle? Ceux pour qui identité et rôle professionnel se confondent?

Quel sens a ma vie? Quelle est ma mission? In fine, les liens créés avec les autres qui ne tissent-ils pas l’étoffe d’une vie réussie?

Au delà du courage, de la beauté, de l’enthousiasme, de la fraîcheur, de l’humour, et de la bienveillance, ce reportage nous confronte à la question suivante : A la place d’Alice Sommer, lors de notre 110ème année, que raconterons-nous au journaliste venu nous interviewer?

*Merci Christelle de me l’avoir transmis!

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Traumatisme et Résilience

Parler ou ne pas parler du drame de vendredi soir ? Une prise de parole n’est-elle pas une démarche opportuniste ? Ne pas en parler est-il un acte de courage ? Comment agir en empathie, exposer ses valeurs et sa culture, et s’inquiéter d’un risque d’amalgame efficacement ?

De façon très sobre, je propose ma contribution avec cette Interview de Jean Paul Mari , qui s’adresse aux centaines de personnes qui ont cotoyé l’horreur, et à tous ceux qui l’éprouve dans le secret de leur vie hors des médias.

La résilience suppose de créer de nouveaux liens, elle ne peut advenir seul; prenons soin de notre entourage.

Lundi prochain je vous parlerai d’une pratique vintage : le management 😉