Articles

Devoirs de vacances et devoir de vacance

Je vous souhaite des vacances incroyables, d’authentiques vacuités, je vous souhaite de vaquer à vous !

Amazing holidays

Pendant quelques semaines/jours, imaginez que vous vous reconnectez avec l’enfant qui sommeille en vous, et à vos rêves… Votre enfant est-il fier de vous, est-il heureux de l’adulte que vous êtes devenu ? Quels renoncements l’attristent, l’irritent ? Quelles belles surprises lui avez-vous offertes ? En vidant votre to do list, vous vous donnez l’opportunité d’un précieux rendez-vous avec vous-même et avec les autres.

Avez-vous connu les « devoirs de vacances » ? Peut-être même y en a-t-il dans les valises pour vos propres enfants ? Ce serait dommage qu’ils oublient tout en quelques semaines, l’oisiveté étant la mère de tous les vices, de surcroît ! Pris au sens littéral, Le Devoir de vacances peut s’entendre au sens du Devoir de réserve, comme une obligation à être vacant, une obligation de faire rien…  Dans sa Lettre à Minicius Fundanus (IIème siècle), Pline le Jeune écrit :

Mieux vaut infiniment ne rien faire que de faire des riens.

Pas simple, tout cela ; c’est pourquoi je vous propose des devoirs de vacances qui aident à ne rien faire, ou mieux encore, à faire rien !

Devoir de rédaction : Bien réussir ses vacances, c’est quoi pour vous ?

Imaginez des vacances idéales pour vous ; quels en seraient les effets à la rentrée ? Quelles sont les conditions nécessaires à ce succès, quels en seraient les obstacles ?

Vous visualisez cette rêverie et la racontez par écrit en 130 mots (environ !)

Devoir de mathématiques : Mesure du temps de déconnexion.

Il s’agit, bien sûr, de la déconnexion professionnelle, de l’organisation de l’absence, de la confiance dans le dispositif mis en place, mais pas que. Faire du sport pour le plaisir, sans enjeu de performance, sans objet connecté, attentif à ses seules sensations. Etre ici et maintenant, avec les vôtres et ceux dont vous ferez connaissance.

Réalisez une courbe suivant votre progression.

Devoir de sciences naturelles : Redécouvrez votre corps, son anatomie, son rythme, ses besoins.

Votre corps vous envoie des signaux de tous ordres, pour préserver ou restaurer son homéostasie (satiété, fatigue…). Or, les rythmes contraints des vies trépidantes nous éloignent de ces perceptions, amenant le corps à s’exprimer plus fortement, plus douloureusement parfois, pour être entendu.  C’est par notre corps que nous existons au monde (en tout cas pour le moment !)

Notez dans un carnet ce que vous (re)découvrez du fonctionnement extraordinaire de votre corps.

Devoir de rien et de tout :

Contemplez, regardez les étoiles, écoutez le vent, et sentez votre présence dans cet univers immense. Prenez conscience (de vos sensations, de ce qui vous entoure) Quel sens a votre vie, quel sens ont vos actions ? Qui êtes-vous ? Je vous laisse à votre méditation…

Et surtout je vous souhaite de belles et pleines vacances. Je serais ravie que vous répondiez à ce billet par quelques partages. Je vais m’appliquer ces devoirs de vacances d’ailleurs!

Retrouvez ici les articles du blog – merci d’avance pour vos Correspondances!

La biologie des entreprises résilientes

Les éléphants ont très peu de risques de développer un cancer, alors qu’ils ont cent fois plus de cellules que les humains et vivent presqu’aussi longtemps. Des chercheurs ont récemment découvert la sur-représentation du gène  TP53 chez les pachydermes. Les cellules éléphantines ne sont pas moins atteintes par des mutations pathologiques, mais quand c’est le cas, elles sont programmées pour s’autodétruire immédiatement. Chaque cellule de chaque éléphant sait ce qu’elle a à faire en cas d’altération, et ceci garantit la survie de l’espèce.

Cette découverte, prometteuse pour la santé humaine, inspire également d’autres réflexions passionantes sur la pérennité des entreprises, dès lors qu’on les considère comme des écosystèmes.

Les entreprises familiales centenaires, voire plus que bicentenaires (Les Henokiens) sont nos éléphants. En dépit de leur longévité, des transmissions successives et des agressions économiques, militaires, financières…, elles sont toujours – pour une bonne part d’entre elles – dynamiques, modernes, vivantes! Quel secret de résilience se cache dans leurs gènes?

Arie de Geus, auteur du concept d’entreprise apprenante, s’est interrogé sur ces entreprises vivantes,  leur pérennité rivalisant avec leur performance. Parmi les points communs notables, il pointe ceux-ci:

Elles apprennent sans cesse, elles se posent à tout moment la question : « Que ferons-nous en telle circonstance » ? et dessinent simultanément des plans d’action. Cette « mémoire du futur » sert de moteur d’adaptation aux aléas de l’environnement. Elles préservent à travers leurs métamorphoses une identité forte. Elles cultivent l’autonomie, la décentralisation des décisions des personnels et des partenaires. Elles manifestent enfin une très grande prudence financière, privilégiant l’investissement constructif par rapport à la spéculation.

La fidélité à l’identité et à la culture est le pivot de ces belles et longues histoires entrepreneuriales. Il faut savoir raconter et conter l’entreprise, pour ancrer et faire vivre son ADN, quoi qu’il arrive. La résilience des entreprises repose sur ce souffle du mythe transmis par les anciens aux équipes actuelles; ce mythe unit par un lien de sens le passé, le présent et le futur; ce lien n’enferme pas les évolutions des sociétés dans leur passé glorieux, mais … passé; il est souple et cohésif. Cette trame invisible permet l’autonomie et une gestion des risques éclairée (la mémoire du futur qu’évoque Arie de Geus).

Toutes les entreprises n’ont pas vocation à être pérennes. Elles ont toutefois pour la plupart une raison d’être et une valeur ajoutée qui dépassent le destin personnel de leur dirigeant, qui est un passeur, un griot à son service, un créateur de nouveaux liens.

Retrouvez ici les articles du blog – merci d’avance pour vos Correspondances!

Plus le cadre est strict, plus je me sens libre

Cette phrase qu’aurait prononcée Mozart mérite un arrêt de quelques minutes.

Le cadre, comme nous l’avons vu dans le précédent article du blog du site de Correspondances, est l’un des 3 piliers du manager; le cadre entoure l’oeuvre et fixe les bornes. Il contraint le génie de l’artiste à fuir la facilité et le contient.

Dans le monde de l’entreprise, le cadre permet de faire mieux avec moins, d’innover, c’est à dire d’oser imaginer des solutions frugales et parfois géniales.

Il n’est pas l’ennemi de l’épanouissement individuel et collectif, ni même de l’entreprise libérée, bien au contraire. Porteur de sens, il donne de l’assurance. Penser et agir out of the box suppose d’avoir une représentation claire de ce qu’est la boite!

Le cadre n’est pas l’oeuvre comme la carte n’est pas le territoire, mais il est la condition sine qua non de la créativité.

Qu’en est-il du statut Cadre, parfois décrié, et – au delà de l’homonymie-, quelle est sa contribution en l’espèce? Caractérisé par son adhésion à une caisse de retraite spécifique, ce statut ne semble pas avoir de relation particulière avec notre sujet du jour. Notre sujet est un enjeu managérial, qu’il soit hiérarchique ou fonctionnel, et concerne tous les niveaux de l’entreprise, a fortiori son top management.

Un dirigeant qui exprime le cadre dans lequel se joue la partie, avec des mots simples et conformes à la culture de son entreprise, potentialise de façon magique sa performance; on peut le vérifier aisément par un micro-trottoir dans les couloirs, en mesurant la proportion des managers qui connait la réponse à ces 3 questions:

Quelles sont nos 3 priorités dans les 12 mois qui viennent?

A quoi verrons-nous concrètement que nous avons réussi?

Personnellement, quelle sera votre contribution principale?

Simple direz vous? peu fréquent en fait…